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 Les musiciens-brancardiers français

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Messages : 3340
Date d'inscription : 18/02/2008

MessageSujet: Les musiciens-brancardiers français   Sam 15 Nov - 2:16

Bonjour,
les musiciens militaires, en temps de paix, sont voués à jouer de la musique pour l'armée et leur régiment. Ils organisent des concerts, assistent aux cérémonies et autres évènements où leur présence peut-être demandée.
En temps de guerre, ces musiciens laissent leurs instruments de côté pour brancarder morts et blessés, ne sortant leurs instruments que pour des prises d'armes, divertir la troupe au repos lors de concerts et rassemblement etc.

les musiciens sont brancardiers tout simplement parce qu ils sont rattaches a la compagnie hors rang dans laquelle on trouve aussi bien de l active, que de la reserve ou de la territoriale.Comme on ne joue pas de la musique pendant les combats-sauf les clairons- ils sont employes ainsi.Il faut savoir qu il est tres difficile de monter une musique complete dans une unite a cause de la reglementation sur les fanfares qui est tres stricte, tant sur le nombre des musiciens que sur les groupes d instruments.En outre ,le fait de faire partie d une harmonie ne garantit pas une place automatiquement,a cause des examens de passage, de la surabondance de certains instrumentistes et de la rarete de certains autres.


les grades dans la musique :

-chef de 1ere classe = capitaine
-chef de 2eme classe = lieutenant
-chef de 3eme classe = sous-lieutenant
-sous-chef = adjudant
-musicien (ceux de 1ere classe se distinguent avec un galon rouge spécifique)




post d'admin


un extrait d'un journal de tranchée, Le Diable au cor, n°11 du 22 aout 1915 sur le musicien-brancardier.

"Parmi tous les êtres étranges qui composent la faune du front, le brancardier mérite d'arrêter quelques instants notre intention. C'est un mammifère de l'ordre des Poilus; extérieurement il se distingue du Poilu ordinaire par le signe rouge, en forme de croix, qui orne son membre antérieur gauche; il se caractérise, surtout par ses moeurs toutes spéciales et son genre très différent de celui de son proche parent, le Poilu des tranchées.
De même qu'on a personnifié le travail dans la fourmi, l'astuce dans le renard, la malpropreté dans le porc et la fourberie dans le Boche, le brancardier semble l'incarnation du dévouement.
Peu belliqueux de sa nature, il se borne à suivre au combat les autres Poilus, ses frères, afin de les panser, et, au besoin, de les emporter s'ils sont blessés. Rien ne le rebute, dans l'accomplissement de ce travail de sauvetage, et l'on a vu des brancardiers se faire tuer en essayant d'aller chercher un de leurs congénères tombé au cours de la bataille.
Pendant les périodes calmes, les brancardiers poursuivent leur oeuvre bienfaisante : ils se rassemblent en groupe et soufflent de leur mieux dans des instruments de formes variées dont ils tirent des sons assez agréables pour la plus grande joie des Poilus qui les écoutent.
Ils sont généralement dans cette tâche plutôt les clairons, et l'ensemble forme ce qu'on appelle une "fanfare". Une chose curieuse à étudier, c'est la façon dont procèdent les clairons et leurs partenaires pour arriver à produire leurs sons en mesure : tandis que le brancardier-fanfariste, animal méthodique et de tempérament classique, déchiffre méticuleusement, sur un carton gribouillé, les notes et les mesures, le clairon, plus fantaisiste et d'allures plutôt romantiques, joue de mémoire en scandant simplement les temps avec le pied.
Le brancardier, être bizarre et à transformations multiples, sera sans doute, pour les générations futures, un sujet d'étonnement et d'admiration. Nos arrière-petits-enfants se représenteront avec stupéfaction cet étrange phénomène : aujourd'hui, terre-neuve sauveteur, versant au jour de la bataille la teinture d'iode réglementaire, et obligatoire sur les plaies des Poilus, et demain, rossignol charmeur, faisant couler dans leurs oreilles des torrents d'harmonie
"

(Source : Les journaux de tranchées de Jean-Pierre Tubergue)


un autre extrait d'un journal de tranchée rigolboche, n°10- 20 octobre 1916, (vu sur le livre Les journaux de tranchées de Jean-Pierre Turbergue.)

La mort du brancardier

Tous les soirs à cette heure pâle
Où le cerf quitte le hallier
On voit passer sous la rafale
Qui sur lui donne sa finale
Modestement le brancardier

Très simplement dans la tranchée
Plusieurs fois il plonge ses bras
Car sous la terre et la jonchée
De la fleur humaine fauchée
Que les vers ne toucheront pas

Il ignore tout de la gloire,
Il ne sait bien que son devoir:
S'il mourait en beauté, l'histoire
Garderait de lui la mémoire:
Il n'est qu'une ombre dans le soir.

Mais du destin l'insouciance
Se plaît aux caprices du sort,
près de celui dont la vaillance
Etait la gloire de la France
Le brancardier est tombé mort.

                                      Jules Pech






post de Sylvain

Voici quelques cartes postales et photos de musiciens-brancardiers



Un Musicien du 97ème (Chambéry)



Et un groupe du 97ème



Je suppose que c'est un réserviste du 291ème (Guéret)



Pas de régiment visible



Et là 2 photos du 158ème RI (Lyon), que je pense être avant guerre mais pas sûr






un musicien-brancardier du 23e RI avec un instrument peu representé en photo...
a noter la pochette a partition souvent identifiée  pour un autre usage (collec. Tiraillou)






post de Gilles Roland

Voici un commentaire du médecin divisionnaire (toujours) de la 66 D.I.

Jeudi 5 août 1915

D’autre part, Le Bon (213) réclame des brancardiers ??? Alors qu’il n’utilise pas les siens restés dans la vallée à Moosch pour y faire de la musique.
Conclusion : je vais demander l’envoi de ces musiciens à leur poste de brancardiers.



Voici la page de garde d'un des carnet de guerre de Marcel Tournafol , brancardier musicien au 30éme RI d'Annecy (collec. sneb)






un bon livre conseillé par le membre croixdefer ainsi que l'admin sur le sujet.



Dernière édition par Admin le Ven 9 Juin - 18:51, édité 4 fois
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MessageSujet: e   Ven 9 Juin - 18:50

post de bothrops atrox

Loin d'être une improvisation, la préparation des musiciens à leur rôle de brancardiers est planifiée dès le temps de paix, comme l'attestent ces larges extraits du document suivant:


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57325834.r=GUIDE+MILITAIRE+DES+%C3%89TUDIANTS+ET+DES++M%C3%89DECINS+ET+PHARMACIENS+DE+R%C3%89SERVE++ET+DE+L%27ARM%C3%89E+TERRITORIALE.langFR



SERVICE PENDANT LE COMBAT. — POSTES DE SECOURS

Pendant le combat, le service régimentaire a pour but :
1° D'établir, à proximité des réserves du régiment, des postes de secours, dont le service concorde avec celui des ambulances ;
2° D'opérer le relèvement des blessés, au moyen des brancardiers qui les portent aux postes de secours.
Ceux-ci sont établis dès que les troupes sont déployées en dispositif de combat, sur l'ordre du chef de corps, dans un endroit qui soit protégé, autant que possible, des projectiles de l'ennemi.
On forme généralement un seul poste de secours par régiment, quelquefois un par bataillon.
Aussitôt que l'ordre a été donné de prendre la formation de combat, le médecin-chef groupe le personnel et le matériel nécessaires pour organiser le poste de secours.
Ces groupes se dirigent, avec les voitures médicales du régiment, vers l'emplacement désigné.
Lorsque, avant d'atteindre cet endroit, les voitures médicales sont obligées de s'arrêter, les brancardiers y prennent le matériel dont ils ont besoin (brancards, musettes, bidons, paniers), y déposent leur sac et mettent leur fusil en bandoulière.
Ils vont ainsi, sous la conduite de leur caporal, installer le poste de secours.
Les voitures sont défilées, autant que possible, de la vue de l'ennemi, sous la surveillance du sergent brancardier chargé de réapprovisionner le poste de secours.
Les musiciens sont envoyés aussi au poste, où ils déposent leurs instruments, et constituent un relai de brancardiers entre le poste de secours et le relai d'ambulance.

DISPOSITIONS APRÈS LE COMBAT

Après le combat, les brancardiers régimentaires parcourent le terrain pour rechercher les blessés qui n'auraient pas été relevés, et achèvent l'évacuation du poste de secours.
Quand le service est terminé, les brancardiers et les musiciens reprennent leurs armes et leurs instruments, rapportent leur matériel aux voitures où ils l'avaient pris, et sont reconduits en ordre à leur bataillon.

BRANCARDIERS RÉGIMENTAIRES

Recrutement
…Les brancardiers régimentaires sont recrutés :
a) Dans l'infanterie, parmi les réservistes anciens musiciens ou, à défaut de ressources suffisantes dans cette catégorie, parmi les ouvriers tailleurs et cordonniers.
b) Dans l'artillerie, parmi les musiciens des écoles d'artillerie et les réservistes anciens musiciens.
c) Dans le génie, parmi les musiciens de l'armée active et les réservistes anciens musiciens ou, à défaut de ressources suffisantes dans ces catégories, parmi les ouvriers tailleurs et cordonniers.

INSTRUCTION DES BRANCARDIERS RÉGIMENTAIRES

Instruction
…Dans le but de préparer les cadres des brancardiers régimentaires, tous les musiciens et les ouvriers tailleurs on cordonniers des corps de troupe reçoivent, dès le temps de paix, l'instruction spéciale du brancardier militaire.
…Les musiciens des écoles d'artillerie devant, en cas de mobilisation, être répartis dans les deux régiments de la brigade en qualité de brancardiers ; sont instruits, dès le temps de paix, en principe, par le médecin-major de leur régiment respectif en même temps que les ouvriers de ce régiment.


Extrait du « TRAITE DES MANŒUVRES D'AMBULANCE ET DES CONNAISSANCES MILITAIRES PRATIQUES A L'USAGE DES MÉDECINS DE L'ARMÉE ACTIVE, DE LA RÉSERVE ET DE L'ARMÉE TERRITORIALE »
PAR A. ROBERT Médecin principal, Professeur agrégé au Val-de-Grâce, Membre correspondant de la Société de chirurgie.
1887 :

Tout l'art du commandement est de faire en sorte que ces hommes prennent toute leur part au déroulement du combat dans un rôle pour lequel chacun s'accorde à reconnaitre qu'il exige l'acquisition et le développement de qualités de sang-froid et de courage, du dévouement, de l'imagination, le sens de l'organisation, de la débrouillardise, etc... :

« Les brancardiers sont chargés, en temps de guerre, de relever les blessés, de les enlever du champ de bataille, et de leur donner les premiers soins,»
« Ils doivent être robustes et habitués à la fatigue, énergiques et dévoués. Exposés, en enlevant les blessés, aux dangers du champ de bataille, et n'ayant ni l'excitation ni l'entraînement de la lutte, il leur faut, plus qu'à tout autre, du sang-froid et le sentiment du devoir. »
« Ils doivent être en même temps, adroits, patients et doux. Il est indispensable qu'ils soient exercés au service du transport des blessés, et capables de leur donner les premiers secours. Il faut qu'ils sachent non seulement se servir des objets de pansement mis à leur disposition, et des moyens de transport affectés aux ambulances, mais qu'ils puissent les remplacer lorsqu'ils viennent à manquer, et utiliser les ressources qu'ils ont sous la main : improviser des brancards, organiser des voitures pour les blessés, confectionner des attelles, préparer des garrots et des bandages, etc.
»

Point n'est besoin qu'ils sachent se servir d' un "Lebel"!

« Les hommes désignés comme brancardiers ne remplissent pas toujours les conditions signalées plus haut; les musiciens, habituellement moins rompus aux exercices du corps, ne présentent pas toujours les aptitudes physiques voulues et, d'un autre côté, ils sont moins disciplinés que les soldats continuellement exercés au maniement des armes. Ces points faibles étant connus, le médecin doit être bien pénétré de son rôle d'instructeur ; il exigera la plus grande attention, il cherchera la plus grande régularité dans les mouvements, et il façonnera progressivement les brancardiers à toutes les exigences de leur service »

Dernière citation ;

"RECRUTEMENT DES BRANCARDIERS
Le choix des brancardiers n'est pas laissé à la disposition du médecin de régiment; le recrutement des brancardiers est réglé par la circulaire du 3 octobre 1883."

ce document, qui est bien sur un instantané susceptible de modifications, peut se consulter et se télécharger ici :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57241566.r=%22Instruction+pratique+sur+le+service+de+la+cavalerie+en+campagne%22.langFR
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