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 Moronvillier

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MessageSujet: Moronvillier   Lun 30 Juin - 15:34

post de flammenwerfer

un petit recit sur un secteur qui me tien a coeur

          Organisations au Mont Cornillet-19 mai 1917"




Le 18 mai, les batteries se déchaînent sur le Mont Cornillet. Dans la nuit du 19 au 20 mai, les pentes nord du Mont Cornillet sont "arrosées" d'obus à gaz, au niveau des entrées du Tunnel, et les pionniers allemands, intoxiqués, ne purent travailler au rétablissement du terrain et surtout des entrées, plus ou moins bouleversées.
Dans la matinée, artillerie lourde et légère se déchaînent sur l'ouvrage. Un obus de 400 détruit la cheminée d'aération de la galerie Est. Une partie du tunnel s'écroule. On estime à 600 le nombre de victimes (479e IR de la 242e DI de Wurtemberg), écrasés ou asphyxiés. A 16h25, l'attaque de l'infanterie française démarre, menée par les troupes du XVIIe C.A et du 10e C.A. et progresse malgré le terain boulversé, certains postes de mitrailleuses ennemies et les tirs de barrage allemands. Vers 17h30, malgré les difficultés et les pertes, les objectifs assignés sont atteints sauf sur les pentes ouest du Cornillet. Personne, à part quelques miraculés, n'est sorti du cellement de cadavres. Plus un signe de vie comme le note un officier allemand prisonnier peu après, car les Français ont atteint puis dépassé les entrées, plus particulièrement le 1er Zouaves du lieutenant Poirel, dont les pertes de la journée furent de 19 officiers et environ 600 hommes. Aucune troupe n'a pu sortir pour contre-attaquer, comme cela avait été si souvent le cas.


En juin 1973, 56 ans après ces événements, des ouvriers de Châlons-sur-Marne découvrent une bouche d'aération du tunnel du Mont Cornillet : ils y pénètrent tant bien que mal et y découvrent pêle-mêle des ossements, des armes, du matériel, des débris et rochers. Ils alertent les autorités, et rapidement le gouvernement allemand envoie des hommes pour entamer des fouilles. Les jeunes allemands qui étaient enseveli là depuis mai 1917 étaient tous de jeunes recrues, âgés de 19 ans maximum : ils n'avaient pas encore l'expérience de la guerre lorsqu'un seul obus les extermina tous. Sur eux, on trouva des portefeuilles, des lettres qu'ils n'avaient pas pu envoyer à leurs familles, tout cela mêlé dans un indescriptible fatras d'ossements entassés et de squelettes non identifiables...

Après d'intenses recherches en partenariat avec les autorités françaises, et l'utilisation de bulldozer, excavatrices et autres pelleteuses, 321 corps sont finalement sortis du tunnel du Mont Cornillet. Une cérémonie est faite par les autorités françaises et allemandes en leur mémoire, et les corps sont finalement inhumés dans le cimetière militaire allemand de Warmeriville (département de la Marne).

dates des traveaux de fouilles de l'époque

Juin 1973
Des ouvriers du secteur d'état civil militaire de Châlons-sur-Marne découvrent l'orifice d'une bouche d'aération du tunnel du Mont Cornillet. En élargissant cette ouverture ils parviennent à descendre et débouchent 12 mètres en dessous, dans la galerie du versant sud du Mont et découvrent d'innombrables ossements, de l'armement, du matériel ...

Septembre 1973
Alertées, les autorités allemandes prospectent à leur tour le tunnel où subsistent armes, munitions et les restes mortels des soldats qui n'ont pas été extraits de leur linceul de terre et de pierres lors de premières fouilles en 1933 ; à cette époque, des émanations de gaz provenant de fûts d'ypérite en mauvais état et une certaine tension internationale avaient mis fin prématurément aux exhumations.

 
Juillet 1974
35 sapeurs allemands du Régiment d'Instruction du Génie de Kehl fouillent le Mont Cornillet. Un matériel important est loué sur place et l'armée française prête de gros engins de dégagement : sauterelle, bulldozer, excavatrice ...

Une centaine de squelettes sont dégagés et extraits des décombres ; malheureusement, les galeries ayant été pillées, seuls 20 corps sont identifiés. Les sapeurs allemands, épaulés par des volontaires de l'armée française, s'attaquent à une galerie où sont supposés se trouver les corps de quinze officiers.

Le temps presse. Fin août, les tirs d'entraînement de l'artillerie doivent reprendre sur le territoire des camps marnais.
Lorsque les fouilles cessent, 241 corps ont été sortis des deux premières galeries, totalement dégagées ; le dégagement de la troisième est à moitié entrepris. Ces soldats allemands du 476è RI Wurtenburgeois n'avaient guère plus de dix neuf ans et étaient des « bleus » ignorant tout des atrocités de la guerre.

Avant de quitter le site, les autorités allemandes et françaises assistent à une émouvante cérémonie devant les cercueils contenant les dépouilles des soldats allemands de 1917.

Juin 1975
Sous le Cornillet, les fouilles reprennent ; 25 sapeurs du Régiment d'Instruction du Génie de Munich et onze militaires français du 33è Génie stationné à Kehl poursuivent le dégagement de la troisième galerie où ils espèrent retrouver trace des quinze officiers supposés être en réunion lors de l'éboulement du tunnel.
La découverte des premiers squelettes a pris de longues heures de fouilles dans les gravats, les éboulements ; c'est au prix d'énormes efforts que les militaires parviennent à la salle de briefing. Ils ont vite fait de se rendre compte que le tunnel, véritable cimetière souterrain, a été profané et que les restes mortels ont été dépouillés de tout objet permettant leur identification.
Au total, 80 corps sont extraits de cette dernière galerie et avec recueillement placés dans des caissons en plastique en attendant leur inhumation définitive.
Le total des exhumations représente 321 corps.

Ils seront inhumés dans le cimetière militaire de Warmeriville.  




post de bourru14

Effectivement j'étais sur place en 1973, et non en 1974 comme je l'avais précisé dans un post récent, quand la mission Franco-allemande entama les recherches. J'étais militaire à l'époque au 3ème RG de Charleville-Mézières, nous procédions à la structuration des pistes d'essais, à proximité immédiate du mont. pour les AMX10, nouveaux engins blindés de l'avant, transport de troupes, d'ailleurs quelques engins étaient en essais dans notre régiment. Un de mes camarade pilote, procédant à l'essais moteur, pris un morceau de pale de la turbine de refroidissement, trop fragile, dans le ventre.
Bref, j'ais discuté avec le personnel du Génie civil présent, ils étaient occupés à creuser un puits d'accès au tunnel en suivant le conduit d'une des bouches d'aération, cela suite à une précédente tentative effectuée en dégageant une entrée qui descendait sous terre grâce à un escalier, je fut fort surpris par la qualité du travail du génie allemand, voutes et marche en pierres taillées, superbe travail d'une belle finition. Là, je sais de quoi je parle c'est mon métier.
Bien sur curieux je suis descendu au fond, et, effectivement ce n'était qu'un tas de pierres et de terre, je devinais quand même dans cet amas difforme qu'il y avait deux galeries partant du bas de cet escalier et qu'il était tout a fait impossible de passer par là sans de gros travaux.
Pour la petite histoire, il paraitrait que quelques soldats Français poursuivants les Allemands, jusqu'à l'intérieur des galeries furent pris dans le même piège que ceux ci. Ceci d'après le Génie civil présent sur place, et qu'aussi ce lieu servait d'ambulance ou hôpital et qu'il y avait aussi un dépôt d'armes. Précision confirmé par le post de flammenwerfer51
Excusez-moi tous si mes postes sont long, dure de la feuille, j'aime écrire
Ça compense. Oreilles bousillées à l'armée, au camp de Saint-Cyr Coëtquidan , en tirant au FM sous abri sans casque anti-bruits.

Pour la petite histoire
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Moronvillier
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