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 Un témoignage manuscrit d'un Breton

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Date d'inscription : 18/02/2008

MessageSujet: Un témoignage manuscrit d'un Breton   Mer 14 Juin - 16:47

post de Istarnich

Bonjour

En faisant des recherches aux archives municipales afin de préparer notre expo de novembre 2015, j'ai trouvé ce document (malheureusement une photocopie). M. de Lantivy était un notable qui a la fin de sa vie a rédigé ce document. Afin qu'il soit plus lisible, je l'ai retapé, ainsi il pourra être consulté lors de l'expo.

Je vous en donne la primeur:

Quelques souvenirs

Du 6 janvier 1916 au 6 janvier 1920 …

… soixante douze ans après



J’ai passé mon conseil de révision en avril 1915. Félicitations du jury : 1m75 et 70 kilos. Il n’y en avait pas beaucoup de ce poids et de cette taille, à 17 ans. « Enfin en voila un » s’est écrié le major, quand je suis passé devant lui. Je voulais m’engager au 3ème Dragons stationné à Nantes à l’époque. Mon père a refusé … avec raison d’ailleurs, car je devais passer mon premier bachot A en juin. Reçu de justesse, car j’étais nul en maths et en anglais, qui comptait pour 40 à l’oral.

Entré en Philo en octobre 1915, je me suis engagé pour 4 ans au 28ème d’artillerie stationné à Vannes, avec le 35ème et le 116ème d’infanterie. Arrivé au 28ème le 6 janvier 1916, je suis parti pour le front, en renfort, avec une vingtaine de camarades. Débarqué Aux Mesneux à 5 km de Reims. J’étais alors brigadier. Le régiment était alors en position de batterie à Cormontreuil, faubourg de Reims, puis ensuite près de la gare et des caves Mumm, ce qui explique que beaucoup n’ont pas vu le soleil pendant notre séjour à Reims. Il est vrai qu’il a fait tout l’hiver 25° au dessous de zéro, ce qui explique le nombre élevé de pieds gelés.

En septembre ou octobre 1917, j’ai assisté à l’attaque de la Malmaison alors aux mains de Boches. J’ai vu les premiers obus tomber sur le fort. J’étais alors agent de liaison avec l’infanterie. Nous étions six à prendre les tranchées, deux par deux. Il y avait Daru, le fils de mon colonel à Vannes, Kersaho, que j’avais connu au collège, un nommé Genss de l’est, Armand Trehin d’Hennebont et moi. Huit jours à la tranchée et huit jours de repos, c’était un métier épatant. Pour l’attaque du fort de la Malmaison, le pilonnage d’artillerie a duré 8 jours. L’artillerie lourde du secteur tirait à elle seule 60 000 obus par jour. Complètement idiot, car les Boches s’étaient retirés en 2ème ou 3ème ligne, où ils nous attendaient tranquillement.

La première fois que je suis monté en ligne, la batterie était installée dans un taillis en plaine. Elle venait d’être bombardée et un obus avait mis en pièces un de mes camarades qui était parti en mai de Vannes. Il avait mon âge. Je me souviens plus de son nom. Ses restes avaient été ramassés dans une toile de tente et j’ai dormi à côté, sous un abri sommaire.

Je vais raccourcir l’histoire de ma vie, car je me rends compte que si je continue comme j’ai commencé, j’en ai pour vingt ans, et à cent dix ans je serai peut être gâteux …

Donc après la prise de la Malmaison, nous nous sommes battu tout le long du Chemin des Dames. Je ne sais plus à quelle date nous étions en position de batterie au Mont des Tombes, le bien nommé. Je n’ai jamais subi un bombardement pareil. Près de là coulait un affluent de l’Aisne, l’Ailette, qui formait un saillant avec la ligne de front. Pour réduire ce saillant, c’était tantôt les Boches qui attaquaient, tantôt nous. Cette fois là c’étaient les Boches. C’est là que j’ai eu ma première citation : « Nouvellement promu comme chef de pièce, a fait preuve du plus grand sang froid, assurant lui-même le ravitaillement de sa pièce sous le bombardement. » J’allais avec une brouette chercher des obus à une trentaine de mètres pour les amener à la pièce. Or, en arrivant une énième fois, je m’aperçoit que je n’ai plus de tireur. « Où est Prigent ? » Le pointeur hausse les épaules et m’a fait comprendre qu’il s’était sauvé. J’ai alors pris sa place et à la fin du bombardement, j’ai retrouvé mon pauvre type tapi dans l’abri, la tête entre les mains.

Le plus curieux c’est que je l’ai retrouvé à Plougasnou, alors que j’étais agent d’assurances à Morlaix. Mon agent de Plougasnou, un nommé Armand Bescond me dit, un jour que j’étais dans ce très joli pays, en tournée, qu’un nommé Prigent venait de monter un garage, et qu’on pourrait peut-être l’assurer. Des Prigent, il y en avait des dizaines dans la région. Mais il s’est trouvé que c’était mon tireur du Mont des Tombes. Inutile de vous dire ce que furent mes retrouvailles ! Nous sommes tombés dans les bras de l’un de l’autre et, comme il se doit, cela s’est terminé au bistrot. Je vois encore mon Prigent me tenant par le bras et criant en entrant : « Eh ! les gars, voila un homme comme on n’en trouve pas beaucoup, sans lui je passais à Biribi ! » Ce sont des souvenirs qu’on aime à se rappeler… Hélas, ce pauvre type a fait de mauvaises affaires et sans être fou, a perdu la tête. Il vivait chez sa sœur, qui tenait un bistrot où je me trouvais avec un de mes clients, menuisier de son état. Prigent est passé à côté de nous. « Tu ne connais pas ce monsieur là ? » lui a demandé le menuisier. Le pauvre type a simplement hoché la tête.

Puisque j’en suis à parler de ce menuisier, il est venu me trouver un jour à Morlaix, en juin ou juillet 1944, quinze jours avant que les Boches viennent pour m’arrêter et m’a dit : « Mr de Lantivy, je suis nommé pour aller travailler en Allemagne. Ma femme m’a dit, va trouver Mr de Lantivy et tu feras ce qu’il te diras de faire ». Je lui ai naturellement conseillé se se cacher, d’entrer dans un maquis, n’importe quoi … Je n’ai jamais revu ces braves gens dont la souffrance m’a tellement touché.

Un temps de galop et nous sommes sur le plateau ouest. Je vois encore le cheval qui avait reçu une balle dans les naseaux, mourir au bout de son sang, alors que le cavalier lui ôtait son harnachement. Tout près, il y avait une creute, sorte de caverne naturelle « abri, grotte dans les sables du Soissonnais », dit le Larousse. Cette creute abritait peut-être la valeur d’un régiment d’infanterie, en attente sans doute d’une contre-attaque. J’ai vu un homme aller trouver le Major et lui dire : « M. le Major, je suis malade ». « Déshabille-toi … tu n’as rien, rhabilles-toi ». Sur six brancardiers partis pour relever les blessés, un seul est revenu, blessé lui-même. Il ne faisait certainement pas bon mettre le nez dehors !

Trois Chasseurs sont montés à cheval devant la creute. « On y va » me dit Tréhin. Je n’étais pas très chaud, car il y avait une route toute droite, face au plateau où se tenaient les Boches. Mais il fallait bien, puisqu’on était relevé, rejoindre le régiment. Nous montons à cheval, Tréhin et moi et, à peine sur la route, un mitraillage intense. Nous sommes passés près des corps de 3 Chasseurs qui nous avaient précédés. Je vois encore la poussière soulevée par les balles et les feuilles d’un taillis, à gauche de la route, hachées par la mitraille. Je vous assure que je n’étais pas gros sur mon cheval et que ma tête était plus basse que son encolure. Le cheval de Tréhin me précédait, tout à coup quelque chose vole par-dessus moi, c’était la couverture de selle du cheval de Tréhin. Aussitôt après, mon cheval fait un bond terrible. Je me suis dit : « Ça y est, il tombe ! » Non, la balle était entrée dans le gras de la fesse sans toucher aucun nerf. Quelques secondes après, nouveau bond, mais mon brave Bayard a tenu le coup.

Enfin la route a fait un virage à angle droit et le mitraillage s’est arrêté. Tréhin me dit alors : « j’ai une balle dans le dos ». Je l’ai engagé à prendre le galop car il souffrirait moins qu’au trot. D’autant plus que je voyais le barrage d’artillerie boche s’allonger. Nous avons donc pu rejoindre notre régiment, Tréhin a été évacué …. Et je ne l’ai plus revu malgré toutes mes recherches à Hennebont. Quant à mon pauvre Bayard, il a du être abattu, les balles étant enfoncées trop profondément dans sa chair. J’ai revu le vétérinaire qui l’avait soigné, et dont je ne me souviens plus du nom, à Pleiber Christ, près de Morlaix. Il venait de bâtir une maison, mais je n’ai pas pu l’assurer car il avait épousé la fille d’un banquier de Morlaix dont le caissier était assureur. Pas de pot !

Je l’ai échappé belle aussi auprès d’une ferme située à une croisée de chemins et qui a souvent les honneurs du communiqué. Je me souviens plus naturellement du nom de cette ferme qui n’était plus que pans de murs noircis, entourée d’arbres déchiquetés . Nous y sommes arrivés en pleine nuit, comme d’habitude, pour ne pas être repérés. Tous les abris à creuser … Je couchais, en attendant, dans un ancien abri à munitions long de 2m50 environ sur 1m50 de large, recouvert de quelques tôles et de mottes de gazon.

Un matin, vers huit heures, j’entendais des obus tomber. Je me dis : « On tire sur la batterie. » Je me lève et j’étais en train de mettre ma veste, quand je reçois un choc formidable : un obus, probablement un 77 autrichien, n’était pas tombé à 40 cm de moi … et n’avait pas éclaté, se contentant de s’enfoncer en terre. S’il m’avait touché, j’étais coupé en deux. Je suis sorti à quatre pattes de mon abri qui s’était écroulé et je vois encore le trompette du capitaine, les yeux exorbités, qui sachant où je couchais, venait me porter secours. J’ai oublié son nom naturellement. Je suis descendu dans l’abri voisin et suis retourné voir l’endroit où je dormais, et me suis mis à trembler …

J’ai eu aussi un accident de chemin de fer. La guerre était terminée et mon régiment était en partance pour l’Allemagne en occupation. J’étéais en permission et j’ai rejoint mon régiment à Longwy. Tout de suite le chef, Tilly, me dit « Tu es nommé pour partir à Salonique, tu retournes en permission ». Je reprends le train et me souviens avoir passé au Mans à minuit. Un copain était couché dans le filet. Vers une heure du matin, avant ou après Sillé Le Guillaume, le train s’arrête en pleine ferme sans même être couvert probablement. Le train américain Brest – Paris qui ne s’arrêtait que pour faire de l’eau, nous ait rentré dedans à 130 à l’heure. Je dormais mais j’ai tout de même réalisé que nous étions tamponnés et me suis mis en boule. Quand je me suis relevé, j’étais couvert de sang et me demandait bien où j’étais blessé car je ne ressentais aucune douleur. Le malheureux couché dans le filet avait eu la tête coupée. J’avais juste une coupure au dessus de l’oreille droite. Je suis sorti par la portière qui formait toit et ai aidé à descendre un copain qui avait trois doigts arrachés. Total 110 tués et plus de 200 blessés. Nous avons été envoyés à l’hôpital du Mans dont le directeur était le docteur Cotonniec d’Hennebont, grand ami de mon père – ils s’occupaient tous les deux de questions bretonnes. Il m’a proposé de me garder à l’hôpital aussi longtemps que je voudrais. Mais je tenais à voir des pays lointains, voyage payé.

J’ai donc rejoint le 38ème d’artillerie à Nimes et après une quinzaine de jours, départ pour Salonique, par voie de terre. J’avais en consigne les soixante tôlards qui étaient des gaillards pas commodes. Nous avons traversé toute l’Italie en wagons à bestiaux. Arrêt à Tarente sous des oliviers. Embarqué à bord du Guichen, traversé l’Adriatique et atterri à Iteha, où nous avons campé au pied du Mont Parnasse. Vieux souvenirs d’histoire ancienne ! Puis nous avons pris un tortillard dont la locomotive marchait au bois. Mis le feu à un wagon, mais tout cela dans la gaieté de la jeunesse insouciante. Puis on nous a fait monter dans des camions conduits par des prisonniers Bulgares qui prenaient leurs virages au frein. Nous avons ainsi escaladé une montagne, je ne me souviens plus dans quel pays, arrivés au sommet, nous étions dans les nuages.

Arrivés enfin à Salonique, nous sommes présentés au capitaine François qui avait 27 ou 28 ans de colonies … C’est vous dire son degré d’intelligence … Il voulait me casser de grade, à la suite d’un incident trop long à raconter ici. Me voila aux arrêts de rigueur. Chaque sous officier avait une petite maison en pierres, couverte en ardoises, sol dallé. Avec 70°de chaleur, il était interdit de sortir avant 5 heures du soir. On balançait deux ou trois seaux d’eau dans la carrée et on dormait sous la moustiquaire. Le soir, vers 20 heures, je partais avec un copain pour Salonique et nous rentrions vers 2 heures du matin, en voiture à deux chevaux. Pour 5 drachmes, c’était dans nos moyens.

Quand on arrive à Salonique par voie maritime, la baie, sous le soleil, avec la tour blanche dans le fond, la ville semble merveilleuse. Mais il ne faut pas s’y promener, c’est (ou c’était) misérable. Le Vardar, qui est un torrent en hiver et qui traverse la ville, n’est en été qu’un filet d’eau qui coule à travers les cailloux

J’étais toujours aux arrêts de rigueur, ce qui m’épargnait toutes les corvées, quand un jour il paraît au rapport un ordre du Général O’Neil, commandant les forces françaises en Macédoine, demandant au Maréchal des Logis de Lantivy d’expliquer sa conduite dans la journée du tant. Il faut croire que mon explication a plu au Général, puisqu’il a bien voulu déclarer que les huit jours d’arrêts infligés par le Capitaine François étaient suffisants.

Quelques huit jours après,un petit lieutenant, très gentil, me dit : « Venez avec moi au Conseil de Guerre ». Bon ! me dis-je, voila que ça repart. Les bâtiments où se tenait le Conseil de Guerre se trouvaient à quelques 500 mètres du camp de Zetherling où nous étions. Arrivés à la porte, le Lieutenant me dit : « Vous avez trois types à défendre demain matin à 8h30 . C’est moi qui devait le faire, mais j’ai lu votre rapport au Général O’Neil et vous le ferez mieux que moi. ». Nous entrons dans la salle du Conseil de Guerre et le Directeur me dit : « Vous ne voulez pas me remplacer, je suis rapatriable et je ne trouve personne pour me remplacer. » Je lui ai répondu tout de suite que moi aussi j’étais rapatriable et ne voulais pas de son job. Alors il me colle trois énormes dossiers dans les bras. « Rendez vous demain matin à 8h30. C’est un Colonel qui préside, assisté d’un commandant et d’un adjudant, alors vous commencez : « Mon Colonel, Messieurs. ». Le lendemain matin à 8h30 j’ai présenté la défense de mes trois « clients ». Histoire de viol ou de vol, je ne m’en souviens plus. Mon Capitaine qui faisait office de défenseur me dit : « Eh bien mon vieux, vous avez du potasser votre affaire ». Je lui ai répondu que je n’avais pas eu beaucoup de temps, ayant été prévenu à 16h30 la veille, mais que je m’étais couché à trois heures du matin.

Puis j’ai été envoyé à San Stéphano, faubourg de Constantinople, coin splendide en bordure de la mer. Puis à Ramis dans une ancienne caserne turque. Le soir, à quatre ou cinq copains, nous descendions Eyoub, la ville sainte. Pierre Loti a écrit un livre, Aziadée, l’héroïne de ce roman était entraîneuse dans un café. L’action se passait à Eyoub et j’ai lu le livre sur place. Nous prenions un kayac pour remonter le Bosphore jusqu’à Istambul qui s’appelait alors Constantinople. Deux quartiers, Pera , quartier européen et Stamboul, quartier indigène séparés par le pont de Galata. Il parait qu’actuellement il existe un pont suspendu qui atterrit, si on peut dire, en Asie Mineure

Nous sommes rentrés en France par mer, arrêt au Pirée, port d’Athènes. C’était un dimanche et nous avons eu la messe à bord. A la fin de la messe un gros nuage noir s’est élevé et une tempête terrible nous a accompagnés jusqu’à Marseille. Nous étions à bord du Jeanne d’Arc, alors bateau hôpital, et le commandant avait fait hisser les voiles, pour étayer le navire qui n’avait pas de lest. Je suis monté sur le pont une fois. Le fond des barques de sauvetage touchait l’eau et les marins nous disaient : « Si les barques se remplissent, le bateau, le bateau ne se relève pas ». Ce qui était loin de nous rassurer. Tout le monde était malade à bord, pas moi, mais je suis resté deux jours sans manger. Nous sommes passés au pied du Stromboli, cône volcanique de 660 mètres de haut. Il fume sans cesse mais sans causer de dommage. Il y avait des maisons au pied du volcan. Arrivés à Marseille, en regardant le Jeanne d’Arc, haut comme une maison de trois étages et coquille de noix sous la tempête, on se rend compte de la force de la mer.

Démobilisé le 6 janvier 1920, c’est donc la fin de ma longue, très longue histoire de guerre. Pourtant je m’aperçois que j’ai oublié de parler d’une journée à laquelle il m’arrive de penser quelque fois.

Cette journée se situe quelque temps avant l’histoire de Cæuvres en juin 1918. Ce fut le début de la retraite allemande. L’infanterie a mis huit jours avant de faire reculer l’armée allemande. Tous les matins, on attelait les chevaux aux canons, pour suivre l’infanterie. Et puis on les dételait. Enfin le huitième jour, on peut démarrer. J’ai passé la ligne à Somme-Py. La Py était une petite rivière qui bordait la ligne Hindenburg. Devant moi une colline en pente douce, non cultivée, pouvant faire deux ou trois hectares. Elle était couverte de cadavres français. Parmi eux, un lieutenant, avec une grande barbe blonde, il semblait dormir allongé dans un trou d’obus. Je le revois comme si c’était hier …. Les auteurs de ce massacre étaient deux mitrailleurs allemands, dans un blockhaus. Il y avait près d’eux deux tas de cartouches vides de plus d’un mètre de haut. Tout près de la casemate, le cadavre d’un Français. Il avait dans la main une grenade, qui lorsqu’on a voulu le déplacer, a éclaté tuant l’un des notres.


Il m’arrive très rarement de penser à cette époque de ma vie. Je vous étonnerai beaucoup en vous disant que je la regrette mais j’avais vingt et ce sont ces vingt ans que je regrette maintenant que j’en ai plus de quatre vingt dix.

Regrets superflus …. Hélas !


A Saint Avé –Trébrat le 1er avril 1988


M. de Lantivy
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