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 lieutenant Ernst Udet (aviateur allemand)

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MessageSujet: lieutenant Ernst Udet (aviateur allemand)   Lun 30 Juin - 3:48

post de verdaniel

voici un article de christian santoir que je tenais a vous faire partager,
l étonnante vie d un pilote de la premiere guerre, qui comme vous le lirez a eu une grande influence sur l'avenir de l aviation militaire allemande

Ernst Udet : voler à tout prix
(1896-1941)

La vie de cet homme fut relativement brève, 45 ans, mais d’une intensité inégalable ; il fut successivement ou à la fois, as de la Première Guerre mondiale, constructeur d’avions, pilote de voltige, pilote de cinéma, pilote d’essai, général de la Luftwaffe, mais aussi acteur, caricaturiste, écrivain. Cette vie si riche fut entièrement consacrée à l’aviation et à une seule passion : voler. Sa vie est aussi un drame, celle d’un homme doué, bon vivant, adulé par le public que ses fréquentations nazies conduisirent au suicide. Ce drame personnel est le reflet exact du drame que vécut l’Allemagne en proie au même mal, pendant le même laps de temps.

Ernst Udet est né le 26 avril 1896 à Francfort dans une famille bourgeoise mais grandit à Munich. Très tôt il est fasciné par l’aviation et construit des maquettes volantes. En 1914, il désire s’engager dans l’armée mais il est refusé à cause de sa petite taille (1m60). Possédant une motocyclette, il réussit à se faire enrôler par l’intermédiaire de l’Automobile club allemand qui recrute des estafettes pour le front. Quand ce corps est dissous, il essaye de réintégrer l’armée mais en vain. Il passe alors son brevet de pilote privé en avril 1915 ce qui lui permet de rejoindre l’aviation militaire. Il est muté à l’escadrille d’observation 206 et reçoit la Croix de fer pour avoir ramené à la base son appareil endommagé. Plus tard, après une autre péripétie où il s’en sort encore à son avantage, on lui permet de passer dans la chasse. Il est muté à Habsheim et vole sur Fokker E-III. Après des débuts laborieux et ayant surmonté sa peur, il abat son premier avion le 18 mars 1916. A la Jasta 15, il abat cinq autres avions. Pendant son service dans cette escadrille, il déclare avoir été épargné lors d’un duel aérien, par Guynemer qu’il identifie par le mot « Vieux... » (comme :Vieux Charles) marqué sur le fuselage du SPAD. Udet rejoint la Jasta 37 en juin 1917 et son adresse le fait nommer à la tête de cette escadrille. Quand il obtient vingt victoires, il se fait remarquer par von Richthofen qui lui propose de rejoindre son Geschwader et finit par lui confier la Jasta 11, sa propre escadrille, insigne honneur. Le jour de la mort du baron, en avril 1918, Udet est en permission de convalescence après une infection d’oreille, fréquente chez les pilotes d’alors. Il avait reçu au début du mois l’ordre « Pour le Mérite », décoration qui lui fit autant de plaisir qu’à sa fiancée Eleonore Zink. Il va d’ailleurs inscrire son surnom « Lo » sur tous ses avions. Sur la gouverne de profondeur de son Fokker D VII, il fait également peindre le message : « Du doch nicht !! » (Toi, certainement pas ) à l’adresse de tout adversaire voulant se placer dans sa queue. Bien qu’à moitié guéri, il retourne au combat et rejoint le JG 1 où il commande la Jasta 4. Le 29 juin, il se fait descendre par un Breguet et il est un des tout premiers pilotes à sauter en parachute. Le lieutenant Udet finit la guerre avec 62 victoires qui en font le deuxième as derrière von Richthofen.

Dans une Allemagne livrée aux révolutionnaires de tout bord, Udet essaye de survivre en volant. Avec Ritter von Greim il participe à un meeting au profit des prisonniers de guerre. Mais ces exhibitions cessèrent avec l’entrée en vigueur du traité de Versailles. Le 20 mars 1920, Udet se marie avec son amie Lo Zink. Ce mariage va durer deux ans seulement. Udet n’est pas fait pour la vie de famille. Sa chance lui sourit quand un américain qui avait entendu parler de lui, lui propose de construire un petit avion de tourisme accessible à tous. Il fallut d’abord se cacher jusqu’à ce que l’interdiction faite à l’Allemagne d’avoir des avions civils soit levée en février 1922. Le premier avion d’ Udet Flugzeugbau est un petit monoplan à aile basse équipé d’un moteur de 30 ch. Ses autres avions gagnent plusieurs concours d’endurance, mais le plus connu est le U12 Flamingo (Photo 2) qui est vendu aux écoles de l’aviation civile et construit sous licence en Hongrie et en Lettonie. Mais la construction d’un quadrimoteur, le U11 « Condor », qui ne se vend pas, précipite la firme dans des difficultés financières inextricables et doit déposer son bilan ; Udet l’avait déjà quittée avant, en 1924. Sur le conseil de son ami Angermund, il reprend son travail de pilote de voltige itinérant comme en 1919, aux commandes d’un Flamingo. Le succès est au rendez vous et le nom d’Udet déjà connu pendant la guerre, est affiché dans toute l’Allemagne et l’Autriche. A cela s’ajoutent le transport de passagers, les vols publicitaires (il a mis au point un nouveau procédé de remorquage des banderoles). Ses facéties tant dans les hôtels que dans les airs sont innombrables ; à Munich, il passe entre les tours de la Frauenkirche, vole sous le pont Bogenhausener. Il s’intéresse également au vol en montagne et se pose sur le plateau du Zugspitze. En 1928, il fait paraître un recueil de caricatures, un art où il excelle.

La crise de 1929 frappe une Allemagne dont l’économie est déjà mal en point, et même Udet en ressent les conséquences avec une baisse de ses recettes. Il est alors contacté par le Dr Arnold Fanck spécialiste des films de montagnes. Il est embauché pour le film « Die weiBe Hölle von Piz Palü », avec Leni Riefenstahl et Gustav Diessl. Sa prestation est unanimement saluée et certains vont jusqu’à dire que ses vols à couper le souffle ne sont que des truquages ! En 1930, Fanck fait de nouveau appel à lui pour « Stürme über dem Mont-Blanc » où il troque son Flamingo contre un Klemm L25. Quelques mois plus tard, il part en Afrique, pour le Serengeti où il tourne un film mi fiction, mi documentaire : « Fremde Vögel über Afrika » qui est l’occasion de maintes aventures. Ayant décidé de rentrer en Allemagne en avion, il tombe en panne et doit se poser en pleine brousse. Il est secouru par les Anglais de Khartoum, commandés par un certain Sholto Douglas, le futur chef du Fighter Command en 1940. En 1932, toujours en compagnie de ses amis Arnold Fanck, Leni Riefenstahl et Gustav Diessl, il se rend au Groenland pour y tourner « SOS Iceberg ». Le tournage est éprouvant et Udet fait plus de 400 atterrissages entre glaçons et icebergs, sans compter des bains forcés dans de l’eau à zéro degré.

Entre temps, il a accepté l’invitation du pilote américain Al Williams à participer en août 1931, aux National Air Races de Cleveland (photo 2). Udet ne peut avec son Flamingo rivaliser avec les puissantes machines américaines, alors il opte pour une démonstration de voltige au ralenti, toute en finesse et au ras du sol. Le Washington Post titre : « Udet monopolise le spectacle ! ». Il assiste aux démonstrations du Curtiss Gulfhawk piloté par Al Williams ; cet avion préfigure le Curtiss Hawk F11C, un chasseur qui peut également bombarder en piqué et que la Navy commandera en octobre 1932. Cet avion intéresse Udet qui pense l’utiliser pour renouveler ses exhibitions mais il n’a pas d’argent. De retour en Allemagne, il reprend ses shows aériens avec un nouveau numéro comique : le « professeur volant », bien qu’il ait été nommé quelque jours auparavant, vice commodore du DLV (Ligue du vol sportif allemand) avec port de l’uniforme obligatoire. Depuis janvier 1933, les Nazis sont au pouvoir et son ancien camarade Göring devenu président du Reichtag, n’a pas perdu espoir de rallier ce pilote célèbre à la cause nazie. Udet subit de fortes pressions pour rejoindre le NSDAP où figurent déjà nombre de ses amis. Et puis, ce parti ne fait-il pas beaucoup pour l’aviation ? Il finit par s’inscrire le 1er mai 1933. Le 9 juin, il repart pour les Etats-Unis pour assister aux National Air Races de Los Angeles. Devant les journalistes, il se répand en propos lénifiants : non, Hitler ne veut pas la guerre, les « Juifs patriotes » n’ont rien à craindre du régime nazi... Il ramène deux Curtiss Hawk II payés par Göring. Si l’un sert pour les meetings, l’autre fait des démonstrations pour convaincre l’état major de l’Air de l’efficacité du bombardement en piqué dont Udet se fait le promoteur en Allemagne. Le 20 juillet 1935, il manque de se tuer avec un des Curtiss et doit la vie une nouvelle fois à son parachute.

Udet continue à voler dans des meetings : voltige sur le Flamingo, piqués avec le Curtiss et vol à voile avec un Rhön Sperber. Mais ses amis et Göring le pressent maintenant de prendre du service dans la Luftwaffe qui vient juste d’être créée. Cette année, il tourne son dernier film « Wunder des Fliegens », un des classiques du film d’aviation mais aussi une oeuvre de propagande patronnée par Göring pour promouvoir l’aviation auprès des jeunes. En 1936, il est nommé inspecteur de la chasse et du bombardement en piqué. Lui, le bohême insouciant, « das fröhliche Kind », l’enfant joyeux, comme il aime à s’appeler, amateur de bons vins, de voitures de sport et de jolies femmes, disposant de revenus de 200 000 mark par an, devient le colonel Udet avec une solde de 1 200 marks par mois ! Peu de temps après à la mort du général Wever, il est nommé chef des services techniques du ministère de l’Air. Malgré l’inconvénient d’un gros travail de bureau, sa nouvelle fonction a l’avantage de lui permettre d’essayer tous les derniers prototypes. En 1937, il présente le Messerschmitt Bf 109 au meeting international de Dübendorf, en Suisse. L’année suivante, il bat le record du monde de vitesse sur 100 km avec le Heinkel 100. Nommé général, ses succès suscitent dans l’ombre rancoeurs et jalousie, notamment chez le secrétaire d’Etat Milch ; ancien directeur de la Lufthansa, c’est un dur, rusé et parfait organisateur. En outre, Udet se comporte toujours en civil malgré son uniforme, ce qui ne plait guère aux militaires. Udet suit toujours son idée fixe; après le Ju 87 Stuka, les bimoteurs Junkers 88 et Dornier 217 doivent également pouvoir bombarder en piqué. L’idée d’Udet n’est pas mauvaise en soi puisqu’elle conduira à l’avion d’assaut, mais elle est trop exclusive et l’Allemagne va souffrir du manque de bombardiers stratégiques, préconisés par le général Wever. Son service subit en outre plusieurs échecs graves avec le Messerschmitt 210 et le Heinkel 177.

La guerre contre l’Angleterre surprend Udet. Fin 1939, il confie à son amie Inge Bleyle, « je crois que nous ne serons jamais vainqueurs. Cette guerre, nous l’avons déjà perdue ». Au fur et à mesure que ses soucis augmentent, Udet abuse de l’alcool et des tranquillisants; il se rend compte qu’il n’est pas à la hauteur de la tâche et que l’industrie allemande n’a pas les capacités de production suffisantes. En février 1941, il essaie d’imposer à la France un véritable diktat qui se résume ainsi : la zone occupée travaillera pour l’industrie aéronautique allemande et la zone libre aussi ! Quand l’Allemagne attaque la Russie le 22 juin 1941, la demande en matériel aérien s’accentue encore, alors que l’industrie fait face au manque de matériaux stratégiques. Göring ment à Hitler et essaye de faire porter ses erreurs sur le compte d’Udet. Il est secondé en cela par Milch qui n’attend que l’occasion de prendre la place d’Udet. Ce dernier se retrouve seul, trahi par Göring qui l’a manipulé à son avantage, par Milch qui l’a constamment dénigré. Udet n’est pas naïf ; dès 1936, il conseillait à Carl Zuckmeyer de quitter l’Allemagne car il n’ y avait plus, selon lui, d’humanité dans ce pays ; « un jour le diable viendra tous nous emporter » lui dit-il. Quant à sa vie affective, elle est vide ; il a connu beaucoup de femmes et n’en a retenu aucune. En 1934, il eut une fille de l’actrice Ehmi Bessel, mais il ne l’a pas reconnue et n’a jamais cherché à la voir. Le 17 novembre 1941, Udet se suicide d’une balle dans la tête. Udet avait tout sacrifié à l’aviation et pour continuer à voler, avait, comme Faust, vendu son âme au diable. Ce soir de novembre, celui-ci était venu la lui réclamer. Le communiqué officiel parlera d’une mort héroïque en essayant une arme nouvelle. Il eut droit à des funérailles nationales et alla rejoindre von Richthofen au cimetière des Invalides, à Berlin.

La mémoire d’Udet vit encore. Dès 1955, son personnage a inspiré un film paru en Allemagne : « Des Teufel’s General » d’Helmut Kautner, avec Curd Jurgens, d’après un scénario de Zuckmayer. Udet apparaîtra également dans le film « The great Waldo Pepper » (1974) et sera évoqué dans le film « Von Richthofen and Brown » (1971).

Christian Santoir












en complement d'info au sujet de cet AS , pendant le premier conflit:

ERNST UDET ( 1896-1941 )

GRADE : OBERLEUTNANT

UNITES : FA 68
: FA 206

: JASTA 4
" 11
" 15
" 37

NOMBRE DE VICTOIRES : 62
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