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 La conscription dans l'Armée Allemande

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Date d'inscription : 18/02/2008

MessageSujet: La conscription dans l'Armée Allemande   Jeu 20 Sep - 13:12

dossier de Scipion590

Voici un petit article sans prétention sur la conscription dans l'armée allemande qui permettra, je l'espère, à vous aider à mieux comprendre le modèle de conscription mis en place par l'Allemagne de 1860 à la date d'entrée en guerre.


La conscription dans l'armée impériale :

La conscription obligatoire pour tous les sujets du royaume a été instaurée en Allemagne dès 1860. C'est d'ailleurs le premier pays européen à l'imposer.
Fruit d'un processus complexe au multiples facettes, la procédure qui conduit le jeune allemand à la porte des casernes mérite d'être sérieusement étudiée. Elle permettra de comprendre plus facilement les us et coutumes en pratique dans cette armée, mais aussi d'en comprendre certains rouages. Afin que cette étude ne soit pas trop rébarbative à lire, et dans le but de garder une certaine clarté à ces propos je n'aborderai pas certains aspects de la conscription immédiatement (recrutement sous-officiers, kapitulanen, officiers.....). Ils feront l'objet d'un article ultérieur si ce thème vous intéresse.

Bref petit rappel historique :
En 1860, le soldat prussien est à l'issu de son service actif, reversé dans la réserve pour une durée de 2 ans et incorpore ensuite le 1er ban de Landwehr jusqu'à ses 32 ans. Entre 32 et 39 ans, il rejoint le 2ème ban de Landwehr. Puis entre 39 et 42 ans, la landsturm. Il est ensuite libéré de ses obligations militaire.

A partir du 10 février 1860 l'armée Allemande est réorganisée par le ministre de la guerre Von Roon, afin de porter le contingent annuel de recrues de 40.000 à 63.000 hommes. Les effectifs de l'armée passent de 150.000 à 200.000 hommes. Le soldat après sa 3ème année de service militaire accomplie est versé dans la réserve pour 4 ans et demi. Puis il passe dans la landwehr pour une période de 5 ans. Il n'existe plus de 1er ou de 2ème ban de landwehr.
A ses 32 ans et demi, il rejoint la landsturm jusqu'au 31 mars de l'année où il achève sa 42ème année. On différencie la landsturm instruite (possédant une certaine instruction militaire) dont on peut avoir un besoin urgent et pouvant être appelée sans délai, à celle non-instruite qui constitue une vaste réserve d'homme de qualité physique médiocre et sans expérience.

La loi du 11 février 1888, rétabli le 2ème ban de landwehr avec un effet rétroactif pour les hommes nés depuis 1850. En même temps, l'age de libération des obligations militaires passe de 42 à 45 ans.

En 1893, la durée du service national est de 3 ans. Il est cependant de coutume que les conscrits n'effectuent que deux années effectives sous les drapeaux. Les heureux bénéficiaires de cette mesure appelée « congé du roi » font faire de grosses économies à l'état qui utilise ces fonds pour incorporer et former le surplus d'hommes de 20 ans procuré par l'explosion démographique que subie le Pays. Cette loi de 1893 impose le service actif à deux ans (sauf pour la cavalerie et l'artillerie à cheval qui restent à 3 ans). Sa mise en application provoque un afflux de 60.000 hommes sous les drapeaux portant ainsi les effectifs de conscrits à 160.000 hommes.

Autorités du recrutement annuel :
L'empereur fixe annuellement le contingent de recrues à incorporer pour combler le départ des classes les plus anciennes de landsturm et préserver ainsi la capacité militaire du pays.
Le recrutement est assuré par les autorités suivantes :

- Une instance ministérielle (ministère de la guerre et de l'intérieur) subordonnée directement au cabinet de l'empereur et ayant autorité sur les différentes régions des corps d'armée.
Cette instance impose les effectifs de recrues à lever.
- Les commandants de corps d'armée associés à la plus haute autorité civile, qui répartissent sur les différents districts de landwehr de leur juridiction, les effectifs à fournir en jeunes hommes de vingts ans recensés (proportionnellement à la population).
- Le commandant du district de Landwehr (correspondant au chef du bureau de recrutement en France) associé à une autorité civile forme la commission supérieure de recrutement. Ils imposent les effectifs à fournir à chaque district de levée sous leur autorité (toujours proportionnellement à la population de ces districts). Le commandement de ces districts de landwehr est assuré par des généraux commandants de brigade d'infanterie locales (plus rarement sous commandement de généraux de cavalerie ou d'artillerie).
- Enfin une commission locale de recrutement est mise en place au niveau district de levée. Commandée par l'officier supérieur commandant ce district et associé à une autorité civile (de niveau sous-préfet), elle est assistée de fonctionnaires et d'officiers de renforts (médecins entre autres). Cette commission est chargée conjointement avec la commission supérieure de recrutement de statuer sur la situation des jeunes gens soumis aux obligations militaires.

Travail préparatoire au recrutement :
Tout jeune homme de 17 ans s'inscrit en attendant sa 20ème année sur les listes du 1er ban de Landsturm. Cette opération est assimilée à un recensement.
Parallèlement, des listes « de bases de recrutement » sont tenues à jour dans chaque commune annuellement par les autorités locales, sous contrôle des commissions de recrutement. Ces listes recensent tous les jeunes gens entrant dans leur 20ème année nés ou domiciliés sur la circonscription. Les jeunes gens sont tenus sous peine d'amende ou de prison de s'y faire inscrire entre le 15 janvier et le 1er février de l'année de leur 20 ans.
Une liste du district de levée est alors établie, et les jeunes gens convoqués pour l'inspection par la commission de recrutement renforcée qui se déplace sur les districts de levée.

Après une visite médicale, la commission statue en dernier ressort sur les demandes d'ajournement non arrêtées par la commission supérieure de recrutement ou la commission simplifiée. Les jeunes gens sont alors invités à un tirage au sort qui déterminera leur ordre d'appel sous les drapeaux au niveau du district de levée. A savoir :
1 - ceux qui demandent a ne pas bénéficier des avantages du tirage au sort et demande à être incorporés tout de suite
2 – les incorporés d'office, c'est à dire les insoumis ne s'étant pas présentés dans les temps et qui ne bénéficieront pas du tirage au sort
3 – ceux à reprendre. Ajournés que leurs numéros de tirage au sort aurait appelés à être incorporés avec leur classe et dont les motifs d'ajournement ont cessé d'exister.
4 – les jeunes gens de l'année courante
5- les jeunes gens en excédent des années précédentes.

Une nouvelle liste est alors établie sur laquelle statuera définitivement la commission supérieure du recrutement. Cette liste se présente sous la forme suivante :
A – Exclus
B- Réformés pour infirmités morales ou physiques.
C- Proposés pour la Landsturm 1er Ban en raison de leur constitution physique ou de leur situation sociale
D- Proposés pour l'ersatz-réserve en raison de leur constitution physique ou de leur situation sociale
E- Proposés pour le service actif
F- Jeunes gens destinés à la Marine.

Conseil de Révision et constitution du contingent :


Cette dernière opération est réalisée par la commission supérieure renforcée dans une tournée établie. Elle suit les mêmes principes que celle de la commission de recrutement mais le travail d'élimination déjà effectué par cette dernière en a considérablement simplifié la tâche.
Seul les jeunes gens dans les catégories B,C,D,E et F sont tenus de s'y présenter. A cette occasion des dernières vérifications administratives sont réalisées par l'administration civile. L'autorité militaire est chargée de se prononcer sur l'état physique du candidat (par le biais d'une visite médicale) et de fixer les affectations (et par voie de conséquence de déterminer le temps d'appel sous les drapeaux). La situation des jeunes gens est alors définitivement arrêtée.
Exclus du service
Réformés
Affectés au 1er Ban de Landsturm
Affectés à l'ersatz-réserve
Bon pour le service actif.

Les jeunes recrues seront incorporées par la suite suivant leur numéro d'ordre de tirage au sort.


Landwehr, Landsturm,1er, 2ème ban Kesako.....

La conscription:

Nous avons vu qu'une fois leur 17ème année révolue, les jeunes hommes s'inscrivent sur les registres de la Landsturm du 1er ban. Dans l'année où nos conscrits atteignent leurs 20 ans, ils se font inscrire sur les listes du recrutement en attendant le jour de leur conseil de révision. Ces conseils de révision examine annuellement entre 550 et 560.000 hommes jeunes hommes de 20 ans, mais également les ajournés des deux classes antérieures.


A l'issu de cette visite, trois cas de figure :
- soit ils sont déclarés « inapte » au service actif et sont maintenu dans la landsturm du 1er ban jusqu'au 1er avril de leur 39ème année. Ils seront ensuite versés dans la landsturm du 2ème ban jusqu'à leurs 45 ans.
- soit les jeune homme intègrent l'armée d'active au 1er octobre de l'année pour deux ans (toujours 3 pour la cavalerie et l'artillerie), puis la réserve pour 5 ans 1/4 ( jusqu'au 1er avril de l'année de leurs 22 ans), la landwehr du 1er ban pour 5ans (au 1er avril de leurs 28ème année), la landwehr du 2ème ban pour 6 nouvelles années (au 1er avril de leurs 33ème année) , et enfin la landsturm du 2ème ban pour 6 ans 3/4 (le 1er avril de leur 39ème année) et ce jusqu'à leurs 45 ans. Ils seront ensuite libérés de leurs obligations militaires.
- Soit ils seront reversés dans une troisième classe que l'on nomme l'ersatz réserve et servant à incorporer les excédents du besoin en recrutement. Elle est formée de jeunes gens de bonne constitution dont le maintien est déclaré indispensable pour les besoins agricoles, industriels ou commerciaux du pays. Les hommes la constituant y sont maintenus jusqu'à leur 32 ans, et constitue une ressource immédiatement utilisable dans les dépôts ou pouvant y être rapidement instruite. En réalité, l'Allemagne n'a pas les moyens financiers d'incorporer cette classe.

Pour les cavaliers et les artilleurs, le temps dans la réserve est imputé d'une année (pour compenser leur 3ème année de service actif), et leur temps dans la landwehr du 1er ban est également réduit à 3 ans au lieu de 5. Ils entrent ensuite dans le 2ème ban de Landwehr dans leur 30ème année, puis dans le 2ème ban de landsturm au 1er avril de leur 39ème année et étaient comme les autres astreints au service jusqu'à 45 ans.

Pour les conscrits de la marine, le temps de service actif est également de 3 ans. Puis nos marins effectueront 4 ans dans la réserve avant leur passage dans le 1er ban de Seewehr pendant 5 ans. Viendra ensuite le 2ème ban de Seewehr jusqu'à leur 39 ans révolus. A partir de cet âge, ils rejoindront comme les autres hommes, la Landsturm. Les jeunes gens issus de la population maritime et demi-maritime qui ne sont pas incorporés sont versés directement dans l'ersatz-réserve (pendant 12 ans) où ils ne recevront aucune instruction.

Les hommes versés dans la landsturm du 1er ban dès leur conseil de révision sont de constitution physique trop insuffisante pour faire partie de l'armée d'active. Néanmoins, ils ne le sont pas assez pour être réformés. Ils peuvent également être des éléments excédentaires de l'ersatz-réserve.
Ces hommes ne reçoivent aucune instruction, mais peuvent si la situation de guerre l'exige être appelés au service. Représentant une force de 2 millions d'hommes répartis sur tout le territoire de l'empire, ils vont être mis à contribution en 1914.

Afin de vous faciliter la visualisation de ces différentes étapes et processus, veuillez vous reportez à l'annexe I.

Cas particuliers, les engagés volontaires :

Tout allemand peut demander à entrer dans l'armée dès qu'il a atteint l'âge de 17 ans, moyennant certaines conditions. Dans un premier temps, il doit obtenir l'autorisation du membre civil de la commission de recrutement dont dépend son domicile. Il lui faudra également une autorisation de son père ou tuteur s'il a moins de 20 ans. Dans le cas contraire, cette pièce peut être remplacée par une attestation de l'autorité civile constatant que l'intéressé n'a pas de famille à sa charge. Viendra s'ajouter à ces autorisation, un certificat des autorités locales (ou de police) indiquant que l'intéressé n'est pas lié par aucun contrat civil, et attestant qu'il possède une bonne conduite et moralité.
Muni de ces précieux sésames, le candidat se présente à un chef de corps de son choix, qui à l'issue de l'examen des pièces fournies et d'une visite médicale, accepte ou pas son engagement. S'il n'existe pas de vacances disponible au corps, le volontaire peut être accepté et renvoyé dans ses foyers en attendant une place disponible à son incorporation (il est alors considéré comme une recrue). Cette incorporation doit avoir lieu entre le 1er octobre et le 31 mars, toutefois, les volontaires se destinant à une carrière d'officier ou désireux de faire partie de la musique du corps sont incorporable à toutes époques de l'année. Ces engagés volontaires ne bénéficient d'aucun avantage lié à leur volontariat.

Autres cas particulier, les engagés d'un an....

Certains jeunes gens désignés sous le terme « d'engagés volontaire d'un an » Einjahrig freiwillige, ne sont astreints qu'à une année de service dans l'armée, s'ils sont pourvus d'une instruction générale suffisante. Ils doivent également posséder les moyens de s'habiller, de s'équiper et de se nourrir pendant leur année de présence sous les drapeaux. Leur volontariat est soumis à l'approbation d'une commission composée de 2 officiers supérieurs et de 2 membres civils de la commission de recrutement intéressée. Cette commission est renforcée de « professeurs » chargés de faire passer les éventuels examens probatoires. Le candidat doit fournir :
1 acte de naissance
1 déclaration du père ou tuteur s'engageant à équiper le volontaire pendant une année, et à pourvoir a ses frais d'entretien et de logement.
1 certificat de bonne moralité, accordé par les anciens directeurs d'établissements fréquentés par le volontaire ou par l'autorité locale.
1 certificat d'instruction générale délivré par certains établissements scolaires désignés par la chancellerie de l'empire.
Si le candidat n'a pas cette dernière pièce, il lui est possible de passer directement l'examen correspondant devant la commission.

Le volontaire d'un an peut choisir son arme d'affectation (sous réserve de correspondre aux critères de tailles et de poids) dans la limite des unités arrêtées annuellement par l'autorité militaire.
Il doit aussi s'il se destine à l'arme montée cavalerie, ou artillerie à cheval, pouvoir nourrir le cheval fourni par le corps. A cet effet, chaque corps prévoit lors de la réforme annuelle de ses chevaux, un nombre de montures correspondant au nombre d'engagés d'un an qui l'intégrera, afin de pourvoir à ses besoins. L'engagé devra également s'acquitter du fourrage et du ferrage de sa monture et verser à titre de compensation pour l'usure de son cheval, de la somme de 500 francs annuels pour la cavalerie et l'artillerie à cheval et de 187,50 francs de l'époque pour l'arme du train et l'artillerie montée. Les dépenses réalisées ne permettent pas à l'engagé volontaire d'avoir un quelconque droit sur sa monture à la fin de son service.

Une fois le passage devant cette commission réussie, le volontaire se voit délivrer un certificat donnant droit au volontariat d'un an (Berechtigungschein zum einjahrig-Freiwilligen dienst) qui lui permettra soit d'incorporer directement ou d'être provisoirement ajourné jusqu'au 1er octobre de sa 23ème année.

Outre le fait de ne pas coûter un sous à l'empire, le volontariat d'un an constitue la principale ressource de l'autorité allemande en officier et sous-officier de réserve. Le statut procuré par ce volontariat permettant à l'issue de périodes de réserve bien spécifique, d'intégrer le corps des officiers de réserve. A partir de 1900, les instituteurs ou élèves-instituteur sont considérés comme engagés volontaire d'un an, d'office. Ils sont donc versés dans la réserve au bout d'un an de service.

Ces engagés volontaire d'un an forme un contingent d'environ 14.000 hommes par an.


Alors que la date d'incorporation des jeunes classes approche, celle de départ des plus anciennes à sonnée.....

Les obligations de la réserve :

Les différentes Réserves sont désignés en Allemagne sous le nom de Beurlaubtenstend. Elle comprend :
1 – tous les hommes classés dans l'armée d'active, la Landwehr 1er et 2ème Ban, l'Ersatz-réserve.
2 – les recrues (jeunes gens en attente d'incorporation) ou volontaires non-encore incorporés et encore provisoirement dans leurs foyers.
3 – les hommes laissés à disposition des autorités de recrutement, c'est à dire ceux dont la situation militaire n'est pas complètement fixée.
4 – les hommes à la dispos de leurs corps et envoyés en congés avant l'expiration de leur temps de service actif.

L'administration des réserves porte en Allemagne le nom de Kontroll.
Elle est dirigée par les commandants de districts de landwehr ayant autorités sur les districts de levée. Ils sont assistés dans leur tâche par des officiers de district, de contrôle et des sergents-majors de district. Cette administration des réserves nécessite la tenue de registres établis par les armes et services et portant le nom de :
- Ranglisten pour les officiers
- Landwehrstammrollen pour les hommes de la réserve et de la Landwehr
- Ersatzreserverollen pour l'ersatz-réserve
- Kontrollisten pour les recrues, engagés volontaires, ajournés, ect......

Outre la tenue de ces registres, cette administration astreint les réservistes (au sens large du terme) à des réunions de contrôle et à des périodes d'instructions.

Ces réunions de contrôle (Kontrolversammlungen) ou revues d'appel ont lieu deux fois par an. Elles ont un caractère obligatoire et permettent à l'autorité militaire d'une part d'obtenir les renseignements nécessaires à la tenue de ses registres (déménagement, infirmités, décès......), mais également de rappeler aux hommes qu'ils sont toujours soumis (malgré leurs vêtements civils), à l'autorité militaire notamment en cas de mobilisation.

Les périodes d'instruction : Elles sont régies par le règlement sur le service militaire. Leur durée est de :
1 – Réserve de l'armée d'active : tout homme faisant partie de la réserve de l'armée d'active est tenue d'assister à deux périodes d'instruction. Chacune ne doit pas dépasser huit semaines.

2 – Landwehr 1er Ban : Deux périodes d'instruction de huit à quatorze jours. Les hommes appartenant à la cavalerie de Landwehr ne sont pas convoquable en temps de paix. Les hommes ayant dépassés 32 ans ne sont généralement plus convoqués.

3 – Landwehr 2ème Ban : Non rappelable en temps de paix. Toutefois, les hommes qui la compose peuvent faire des périodes d'instruction volontaires.

4 – Ersatz Réserve : Ses hommes sont soumis à trois périodes d'instruction pour un service sans arme. L'ersatz Réserve a été soumise en temps de paix de 1881 à 1893 à 3 périodes d'instruction d'une durée totale de 20 semaines réparties sur 3 années consécutives. Les hommes ayant atteints 32 ans restés sans instruction sont reversés dans le 1er ban de la Landsturm avec les conscrits qui y avaient été classés dès leur conseil de révision. Ceux qui ont bénéficié d'instruction rejoignent eux, le 2ème ban de Landwehr. A partir de 1893, on a supprimé ces périodes d'instruction. Néanmoins certains hommes sont rappelés pour des périodes ponctuelles.

5- La Landsturm ne fait pas partie à proprement parler du Beurlaubtenstend. Ses hommes ne peuvent être convoqués, ni pour une période d'instruction, ni pour une revue d'appel. Seul un état impérieux comme « l'état de danger de guerre » est susceptible de mobiliser cette classe.

En réalité l'autorité militaire n'impose qu'une seule période de rappel, souvent réduite à 2 semaines jusqu'en 1906.

A partir de 1906....

A partir de 1906, la tache des conseils de révision devient de plus en plus ardue.
A titre d'exemple, pour l'année 1912, ce sont 1.289.868 jeunes conscrits (en déduisant les 40.143 jeunes gens qui ont devancés l'appel pour 1, 2 ou 3 ans) qui se présentent devant eux. Sur ce nombre, 916 hommes sont écartés du service pour cause de condamnations judiciaires. 34.211 sont déclarés inaptes définitifs. 742.482 sont ajournés pour développement physique ou maturité non parvenue à leur terme. 239.717 sont déclarés aptes sans réserve, 90.207 sont versés dans l'ersatz-réserve, et 137.922 dans la landsturm. En 1913, le recrutement passera à 288.197 appelés dont 70.959 volontaires. La marine incorpore 17.478 hommes dont 6161 volontaires. 31.223 hommes sont déclarés inaptes, 89.116 rejoignent l'ersatz-réserve et 119.165 la landsturm.

Passé dans le 1er ban de landwehr après 5 ans et demi dans la réserve, le soldat doit 2 périodes de 8 à 14 jours chacune d'instruction. En réalité, on ne le convoque qu'une fois. Les cavaliers et les artilleurs (qui ont fait 3 ans dans l'armée d'active), ne sont plus convoqués à ces périodes d'instruction dès qu'il intègrent le 1er ban de landwehr. Les hommes du 2ème ban de landwehr sont également exemptés de ces périodes de réserve.

Pour autant, les périodes d'instruction sont maintenues. En 1906, on convoque 345.740 réserviste. En 1913, on en convoque 605.364 et en 1914 la mobilisation prévue est de 791.494 hommes. Soit à peu près l'effectif de l'armée d'active.

On retrouve donc pour la grande majorité à partir du 15 octobre de chaque année, et en plus du contingent :
des engagés volontaires entrés au service avant l'âge légal (Freiwillige)
des engagés volontaires, Fahnenjunker qui se destinent à la carrière d'officier
des engagés volontaires d'un an
des rengagés (Kapitulanen)

aux portes des régiments.
annexe:




À suivre.......

Sources :
L'armée Allemande « Etude et organisation » 2ème bureau de l'Etat-major de l'Armée (édition 1903)
L'armée Allemande avant et pendant la guerre de 1914 1918 de Pierre Cameina d'Almeida (édition 1919).


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MessageSujet: e   Lun 12 Juin - 2:23

voilà la suite du petit article de la semaine dernière. J'y évoque, la vie au régiment pour l'homme du rang, les cadres subalternes et les sous-officiers.

Nous avons vu dans l'article précédent que l'incorporation de nos jeunes recrues a lieu majoritairement pour la plupart, au début octobre de chaque année. La durée de service sous les drapeaux n'étant déterminée que lors du conseil de révision, les jeunes allemands sont soumis à des temps d'appels différents. Cette inégalité connu de tous est admise en Allemagne, sans protestation.

L’Allemagne applique depuis 1860 une conscription régionale et nos jeunes appelés sont pour la plupart affectés dans une unité de leur province d'origine. Seuls les Alsaciens et Lorrains sont appelés à servir dans d'autres régions,  ainsi que les Polonais qui sont envoyés en dehors de Posnanie ou de Prusse occidentale. Les recrues de la garde sont quant à elles recrutées dans toutes les provinces.  Cette « élite » physique du contingent est sensé être représentative de la grandeur  et de la puissance de l'empire. Une jeune recrue de très haute taille, vigoureux, bien proportionné, de vue et de dentition irréprochable à de grandes chances de rejoindre Potsdam pour y être inscrit sous les contrôles du 1er régiment de la garde à pied.

Les normes d'aptitude médicale en vigueur :

Pour rappel, nos jeunes recrues ont été lors de leur recrutement soumis à une visite médicale. Voici quelques critères qui ont pu déterminer de leur affectation et par voie de conséquence de leur temps d'appel sous les drapeaux.....

Garde : taille minimum 1,70 m
Cavalerie légère de la Garde : minimum 1,65 m avec poids maximum de 70 Kgs
(Il faut que la moitié au moins des recrues de la garde, à l'exception de la cavalerie légère et des troupes de télégraphie, aient au moins 1,75 m.)
Infanterie et troupes de télégraphie : taille 1,54 m minimum
Chasseurs : taille 1,54 minimum, 1,75m maximum
Cuirassiers et Uhlans : taille 1,67 minimum, 1,75 maximum
Dragons et Hussards : taille 1,57 minimum, 1,72 maximum
Artillerie à cheval : taille 1,62 m, 1,75 maximum
Artillerie montée : taille 1,62, maximum non prévu
Artillerie à pied : taille 1,67 m, maximum non prévu
Pioniers et troupes de chemin de fer : taille 1,62 m, maximum non prévu
Aérostiers : taille 1,62 mini, maximum non prévu
Train : taille 1,57m maximum non prévu

le règlement stipule qu'en plus de ces normes médicales, il est à prendre en compte :
a) à la garde : On doit affecter à la garde les jeunes gens les plus doués au point de vue de l'intelligence et de la conformation corporelle. Ils doivent de plus avoir eu une conduite exemplaire.
b) Chez les chasseurs : doivent y être affectés les jeunes gens les plus agiles.
c) Dans la cavalerie, artillerie à cheval, train : les jeunes gens ayant l'habitude du cheval et ne dépassant pas le poids de 70 kilos pour la cavalerie lourde et l'artillerie à cheval, et 65 kilos pour la cavalerie légère.
d) Dans l'artillerie montée et à pied : on doit leur affecter des hommes robustes.
e) Chez les pioniers et troupes de chemin de fer : choisir de préférence des ouvriers habitués au travail en plein air. Les jeunes gens destinés aux troupes de chemin de fer doivent en outre pouvoir distinguer nettement les couleurs : vert, rouge, blanc et connaître la langue allemande.
f) Chez les aérostiers : hommes solides et adroits, ne pesant pas moins de 70 kilos.
g)Dans les chasseurs à cheval : Les recrues qui leur sont destinées doivent remplir les conditions exigées pour la cavalerie légère, avoir une grande habitude du cheval, une conduite exemplaire, une bonne vue, savoir bien lire et écrire l'allemand.
h) Dans les troupes de télégraphie : On ne doit leur affecter que des hommes intelligents que leur métier préparait au service spécial de l'arme.


Revue de paquetage....

Habillement : le soldat allemand est richement doté en effets d'habillement. Il n'existe pas de prescriptions réglementaire fixant le nombre des collections à entretenir pour chaque homme, mais dans certains corps ce nombre de collection s'élève jusqu'à six. A titre d'exemple nous donnons la composition des tenues entretenues :
a) par un corps qui n'est pas stationné dans une grande ville : 1° collection de guerre ; 2° collection de parade ; 3° collection de réserve (pour les revues) ; 4° collection pour le service de place ; 5° collection de ville ; 6° collection d'exercice.
b) pour les corps stationnés dans une grande ville : 1° collection de guerre ; 2° collection de parade ; 3° collection pour le service de place ; 4° collection de ville ; 5° collection d'exercice.
Ces collections comprennent tous les effets d'habillement sauf le manteau qui ne figure que dans trois ou quatre collections, il en est de même des effets de grands équipements.
Les hommes n'ont pas, bien entendu ces diverses collections entre leurs mains. Ils en ont deux ou trois au maximum, les autres sont déposées au magasin de l'unité.


Logement et couchage :
Les conditions dans lesquelles se trouvent logés les hommes varient évidemment  beaucoup, suivant qu'ils occupent d'anciennes casernes ou des bâtiments nouveaux. Les chambres sont ordinairement aménagées pour dix à douze hommes. Chaque soldat possède une petite armoire fermant à clef, dans laquelle il doit enfermer tous ses effets.
Comme couchage, chaque homme est muni :
d'un châlit en fer à fond de bois (deux châlits sont superposés de manière à former un lit à deux étages), une paillasse, un oreiller en paille avec taie, une paire de drap ; deux et en hiver trois couvertures de laine.

Alimentation et cantine :

L'alimentation allouée en nature comporte trois repas avec une ration de 750 grammes de pain ou de 500 grammes de biscuits par jour.
Les repas du matin et de midi sont toujours des repas chauds, celui du soir peut être froid ou chaud, notamment en été, et dans ce cas il peut être préparé et distribué peu après le repas de midi. Les repas comportent en général :
matin : café (avec ou sans lait), ou soupe.
À midi : légumes et viande
le soir : ou repas froid (fromage ou charcuterie), ou repas chaud (pomme de terre en robe de chambre avec hareng ou charcuterie).

Les repas sont pris en commun dans les réfectoires, situés à proximité des cuisines, la distribution se fait individuellement, chaque homme venant la chercher dans un récipient en faïence. C'est seulement à partir de 1899 que le soldat reçoit un repas du soir : auparavant il était obligé de l'assurer au moyen de sa solde (depuis 1899 cette dernière a été diminuée d'une somme de 0,1625 fr (montant du prix du repas du soir), qui a été reportée au budget au titre des subsistances). Le soldat allemand touche au début du 20ème siècle dans l'infanterie 22 pfenning par jour, soit 0,275 francs de l'époque. Des foyers du soldat existent dans tous les corps et mettent à disposition des hommes à un prix très modique, des aliments, des boissons de bonne qualité et un certain nombre d'objets de la vie courante. Les achats dans ces foyers sont interdits aux familles d'officiers mariés.
Les cantines sont gérées soit, par une gestion directe du corps, soit déléguée à une entreprise (autant que possible tenue par un ancien sous-officier invalide). Cette entreprise paye au corps pour les droits d'exploitation, une certaine somme qui est répartie entre les sous-officiers et les hommes de troupes.


Des sous.......

La solde des hommes de troupes (lohnung) est payée d'avance mais par décade. C'est à dire les 1er, 11, et 21 de chaque mois. Afin de vous faire une petite idée de ce que pouvait être une solde de l'époque, je vous ai joint un petit tableau en annexe 1.....
Particularités :
A - La solde à l'hôpital
Les hommes de troupes entrant à l'hôpital cessent d'avoir accès à la solde normale. Elle est remplacée par une solde dite « d’hôpital » d'un montant identique pour toutes les armes :
1- Sergent-major et assimilé : 0,625 Frs jour
2- Vize-Feldwebel et assimilé : 0,50 Frs jour
3 – Sergent et assimilé : 0,375 Frs jour
4 – Sous-officier et assimilé : 0,25 Frs jour
5 – Gefreiter et soldats : 0,0375 Frs jour (plus une indemnité directement versée à la famille de la recrue allant de 1,875 Frs pour un sergent-major à 0,625 Frs pour un rengagé. La famille de l'appelé sous les drapeaux ne touchant rien.)
cette solde leur sera versée comme d'habitude les 1er,11 et 21 de chaque mois mais, au terme échu au lieu de l'être par avance. Petite remarque, les engagés volontaires d'un an n'ont pas le droit aux soins gratuits comme les sous-officiers et les hommes de troupes. Ils ne sont admis à l’hôpital que moyennant le « provisionnement » des frais évalués à 1,50 Frs par jour.

B – La solde des hommes punis : tout homme punis d'arrêt ferme voit sa solde passer à 0,1875 Frs jour.

C - Indemnités diverses : peuvent s'ajouter à la solde de base des indemnités de déplacements et frais de route (seuls les sous-officiers « portepee » reçoivent l'indemnité de déplacement qui est fixée à 5,625 Frs par jour. Elle se cumule avec la solde mais ne donne pas droit au logement). Les sous-officiers et hommes de troupes touche eux une indemnité kilométrique de 0,0875 Frs par kilomètre, et une indemnité fixe de 1,25 Frs pour le jour du départ et le jour du retour.
Plus exceptionnelle peut venir s'ajouter l'indemnité de revue. Allouée sur ordre de l'empereur, cette indemnité est accordée à tous les sous-officiers et soldats présents aux grandes revues, parades, ou manœuvre impériale passées par l'empereur ou ayant pris par à ces manœuvres soit : 1,25 Frs pour les sous-officiers et 0,625 Frs pour les hommes de troupes.
Il existe également une indemnité pour décorations (allant de 3,75 Frs à 11,25 Frs mensuel suivant la décoration) .


Les choses sérieuses commencent :

Ainsi commence la vie militaire de nos jeunes soldats qui  ne peuvent pas pendant les 1er temps sortir isolément et ceci aussi longtemps qu'ils ne sont pas à même de connaître les insignes des divers grades et de rendre les marques extérieures de respects réglementaires. Les premiers week-ends sont donc utilisés à les faire promener dans la garnison par leurs gradés, pour leur faire connaître la ville, les logements des officiers, etc.....
Employés de 05h30 le matin à 19h00, nos jeunes recrues n'ont pour ainsi dire aucun temps de libre.


L'instruction :

Dès leur arrivée à la caserne, les jeunes recrues sont répartis en escouades. Ils sont séparés des soldats plus anciens et placés sous le commandement de sous-officiers chef d'escouade (Rekrutenunteroffizier) , chargés de leur inculquer les bases de l'instruction militaire. Chaque compagnie comprend 4 ou 5 « classes d'instruction » correspondant au plus à 12 à 14 hommes. Plusieurs ouvrages différents traitent de l'instruction a dispenser, mais en règle générale celle-ci suit toujours à peu près le même format. A savoir :
1ère Semaine : conformément à la prescription du règlement d'infanterie, qui recommande de varier les exercices afin d'éviter la fatigue du corps et de l'esprit, on aborde simultanément presque toutes les parties de l'instruction. C'est ainsi qu'on commence :
Les assouplissements, avec ou sans armes, la gymnastique aux agrès.
Les rassemblements sur un rang, les mouvements individuels sans armes. La marche, les exercices préparatoires de tir et les exercices de mise en joue, les théories.

Puis viennent successivement s'ajouter :
La 2ème semaine : le maniement d'armes, l'instruction du tirailleur en terrain varié.
La 4ème semaine : les exercices d'appréciation des distances, et, pendant les séances de nettoyage et de raccommodage des effets, la connaissance des sonneries.
La 7ème semaine : l'escrime à la baïonnette
La 8ème semaine : Le tir réduit. Au cours de cette semaine, l'officier chargé de l'instruction rectifie les positions de l'arme dans les différents groupes (les maladroits sont confiés aux soins du sous-officier (et jamais du Gefreiter)
La 10ème semaine : le placement et le relèvement des sentinelles, tir réel.

L'instruction des recrues est généralement terminée au bout de 12 à 14 semaines d'instruction, soit en comptant une semaine perdue en raison des congés de Noël, vers la fin du mois de février, début du mois de mars.

L'inspection des revues marque la fin de la première période d'instruction, passée en grande pompe par le chef de corps en présence de tous les officiers disponibles de la garnison ; elle décide de l'admission définitive des recrues dans le rang, à côté des anciens soldats.

La deuxième période d'instruction comprend elle, l'école de peloton et l'école de compagnie ou les jeunes soldats et différents cadres intervenant apprennent à se familiariser à travailler au niveau compagnie. C'est sur cette période que notre compagnie exécutera les travaux pratiques de campagnes, et les marches de printemps, avec le chargement complet.
Avec l'été, on se rendaient au camp, où évoluait toute la brigade ou toute la division. Le jour, courses à perdre haleine qui ont valu auprès du soldat une fâcheuse célébrité aux cailloux du Lechfeld, aux sables de Lockstedt et à l'argile détrempée d'Elsenborn. La nuit, l'insuffisant repos dans les baraquements de tôle ondulée que la chaleur du jour a surchauffés. Il ne faut rien de moins que ces fatigues pour achever de former le soldat du type recherché, celui qui d’instinct, au commandement, exécute le mouvement voulu, et l'exécutera sous le feu de l'ennemi comme au champs de manœuvre.

Vous trouverez en annexe 2 la composition typique d'un sac d'infanterie de campagne

Cette deuxième période se soldera par une inspection du bataillon qui aura lieu au début des manoeuvres d'automne. Puis interviendra l'inspection du régiment (par le commandant de brigade), celui de la brigade (par le général de division)....


En bref l'instruction du soldat allemand n'était jamais achevée....



Seuls quelques jours semblaient amener un peu de repos à nos conscrits, tel que le jour du serment au drapeau, de la fête du régiment, celle du chef honoraire du régiment.

Le serment au drapeau :

Le premier acte officiel de tout jeune allemand incorporé est le serment au drapeau. Environs 15 jours après son incorporation, et après qu'on lui ait expliqué et appris les principaux articles du code pénal militaire, notre jeune recrue est préparé à l'importance du serment qu'il va prêter par une allocution de l’aumônier militaire. La cérémonie se passe, autant que possible, dans un édifice affecté au culte. Le drapeau y est apporté et les jeunes recrues jurent à leur souverain de le servir fidèlement et loyalement sur terre et sur mer, en temps de paix comme en temps de guerre ; d’obéir à tous les ordres qui leur sont donnés et de se comporter toujours comme des soldats braves, honnêtes et dévoués.  Entouré par un cérémonial lui donnant toute sa solennité ce serment au drapeau est un acte important pour le jeune soldat, Autorisé à toucher le drapeau d'une main s'ils ne sont pas trop nombreux, nos recrues en cas de surnombre prêtent serment en levant la main droite. Ces cérémonies officielles attirent beaucoup d'autorités civiles et militaires de haut rang, ainsi que les familles de nos recrues qui peuvent se rendre à la cérémonie.
A titre d'information, l'empereur en personne préside le serment de fidélité des jeunes recrues de la garde.


Permissions :
Les permissions sont octroyées à pâques, noël, à l'automne, pendant « la vacance des recrues ». Les trains sont alors bondés de militaires revêtus de leurs plus belles tenues qui vont parader pendant quelques jours dans leurs villes ou villages d'origine.

L'année militaire se terminait dans la deuxième quinzaine de septembre. Après la fin des manœuvres d'automne et le retour des troupes dans leurs garnisons, les hommes libérables se préparaient au départ. Les boutiques des abords des casernes étalaient à leurs vitrines toutes sortes d'objets de circonstances ; pipes, choppes, gourdes, avec la devise du moment « Mot d'ordre : au pays », « Vive la réserve », « La réserve va se reposer ». Bientôt les soldats dont s'était achevé le temps de service apparaissaient dans les rues : on les reconnaissait à leurs pattes d'épaules roulées, à la canne qu'ils tenait à la main, ornée de la dragonne aux couleurs de la compagnie. Eux qui étaient hier encore si déférents, ne saluaient plus les officiers. La réserve était au repos.

Entre le départ de la plus ancienne classe de recrues et l'arrivée de la nouvelle, s'écoulait le bref intervalle qu'on appelait « vacance des recrues ». Des hommes partaient en permission, d'autres étaient conduits aux champs de bataille historiques du régiment. On nettoyaient les casernes, on réparait les effets qu'une administration économe utilisait jusqu'à la limite extrême du possible. Les cadres prenait aussi quelques repos en attendant qu'octobre ramène , avec le nouveau contingent, l'habituelle  série d'occupations du calendrier militaire.

Revenons à nos moutons.....

Maintenant que nos jeunes recrues ont eu tout loisir de découvrir les rudiments de la vie militaire et ses composantes. Découvrons ensemble le personnel que nos jeunes appelés vont côtoyer pendant deux années :

Les engagés volontaires 
: deux sortes
Engagés volontaire devançant l'appel, il n'y a rien de particulier à signaler sur cette catégorie de soldats qui sont soumis au régime commun de la caserne.

Engagés volontaires d'un an :
Ce statut applicable en principe à tous les allemands peut seulement être assumé par les tranches les plus aisées de la population. Dégageant l'empire de toute contrainte financière (les engagés d'un an ou leur famille assument eux même le logement, l'alimentation, et l'équipement du postulant) sont une manne pour l'armée impériale.
Déjà évoqués dans l'article précédent, ces soldats sont reconnaissable à leurs uniformes de drap plus fin et mieux coupé, ainsi qu'à leurs pattes d'épaules bordées d'un liseré aux couleurs nationales.  A la fin de son année de service, l'engagé volontaire d'un an coudra soit à son collet droit le bouton de Gefreiter soit le large galon doré de sous-officier. Il emportera également avec lui, le certificat d'aptitude au grade sous-lieutenant de réserve. Pour obtenir ce grade il devra obtenir deux périodes d'instruction : la première comme sous-officier ; la deuxième comme « vicefeldwebel » (vice sergent-major). Si au cours de ces périodes il fait preuve d'aptitudes suffisantes, et si en outre, le vote des officiers de son district lui est favorable, il recevra le brevet de « leutnant der réserve » (qui correspondait au grade de sous-lieutenant). Son nouveau grade l'obligera à des périodes d'instruction, trois en général, pendant le temps que sa classe passe dans la réserve. En compensation de ces charges, il aura la fierté d'appartenir à un corps dont l’accès est scrupuleusement surveillé ; l'uniforme qu'il portera lors des manœuvres, des fêtes, de diverses cérémonies civiles ou militaires, le rendant « hoffahig » (recevable à la cour), et lui donnera le pas sur la plupart des fonctionnaires civils, même des plus hauts placés.

Les Kapitulants :
Les rengagés non-sous officiers sont soumis au même régime que les hommes de troupes. Les seuls avantages dont ils bénéficie étant ; une prime de 125 frs payable au 1er rengagement, et une solde plus élevée. Cette solde est identique que notre homme soit Gefreiter ou simple soldat. Les Kapitulants sont pour la plupart volontaire pour intégrer le corps des sous-officiers.
Depuis 1900 les soldats de l'infanterie, de l'artillerie montée ou du train peuvent s'ils le souhaitent faire une troisième année de service. Déjà formés, ils sont utilisés pour aider les sous-officiers dans l'instruction des recrues. Ces périodes de rengagement sont déduites de leurs temps à effectuer dans la réserve. Ils touchent pour cela une prime de rengagement de 62 fr 50 et un supplément de solde mensuel de 3 fr 75.


Fahnenjunker : Les Fahnenjunker seront traités avec un prochain article sur les Officiers


Gefreiter (soldat de 1ère classe assimilé dans l'armée Française à un caporal).
Intermédiaire entre les sous-officiers et les hommes de troupe. Ce ne sont pas des gradés, ils forment plutôt une classe supérieure, une élite dans les différentes unités, compagnies, escadrons. Ils n'ont pas le droit au salut et n'exercent un commandement effectif que lorsqu'ils sont chargés d'un service ou d'une mission bien définie, et pendant le temps de leur durée seulement. Ils remplissent souvent les fonctions d'instructeur, de chef de chambrée et peuvent éventuellement être chefs d'un petit poste ou remplacer un sous-officier absent. Il en résulte qu'ils ont sur les hommes de troupe une action réelle. Les Gefreiter touchent une solde supérieure à celle de simple soldat. Dans l'artillerie ont trouve des Obergefreiter (assimilé à des caporaux chefs) dont la solde est plus forte que celle des Gefreiter et qui sont intermédiaires entre les Gefreiter et les sous-officiers.

Les sous-officiers :

Il existe dans l'armée deux catégories très distinctes de sous-officiers dans l'armée impériale. La première est appelée « mit portepee » c'est à dire avec dragonne (portant le sabre) et l'autre est appelée « ohne mit portepee » c'est à dire sans dragonne (portant l'armement traditionnel de la troupe). Un petit tableau récapitulatif  situé en fin d'article vous donnera les grades, leurs correspondance avec ceux de l'armée française de l'époque et la classe à laquelle ils appartiennent.

Nous avons vus que le soldat appelé ne dépassait généralement pas de grade de Gefreiter. Pour devenir sous-officier, il fallait être « kapitulant », c'est à dire engagé pour une durée supérieure à la durée normale du service, ou provenir d'une école de sous-officier. Au nombre de neuf dans l'empire, dont une pour la Bavière, les écoles de sous-officiers recevaient les jeunes gens âges de 17 ans au moins, aptes au service, pourvus d'une bonne instruction primaire qui, une fois admis, accomplissaient deux années d'études et de préparation. Certains provenaient déjà d'une des huit écoles préparatoires de sous-officiers.

Les écoles préparatoires :
Conditions d'accès : être âgé de 15 au moins et de 17 ans au plus. Être reconnu apte médicalement, faire preuve d'une bonne conduite, savoir lire, écrire et connaître les règles de calcul. Les candidats étaient dans un premier temps soumis à un examen scolaire et une visite médicale sous l'autorité du commandant de district de Landwehr. Autorisé à intégrer une école préparatoire,  notre candidat sous-officier s'engagera à entrer ensuite dans une école de S/Officiers ainsi qu'à servir dans l'armée d'active, au-delà du temps légal (le double du temps (en mois) qu'il aura passé à l'école préparatoire). D'une durée de deux ans, cette instruction préparatoire a pour but de compléter l'instruction générale tout en commençant timidement l'instruction militaire. Les écoles préparatoires sont pour la Prusse basées à Weilburg, Annaburg,Neuf-Brisach, Juliers, Wolhau, Bartenstein, Grufenberg....

Les écoles de sous-officiers :
Elles sont basées à Postdam, Julich, Wetzlar, Weissenfels, Etlingen, Marienwerder, Treptow, Fursfeldbruch (pour la Bavière) et  Marienberg (Saxe).

Outre les élèves provenant du recrutement par école préparatoire, les écoles de sous-officiers intègrent aussi les jeunes gens remplissant les conditions suivantes :
avoir au moins 17 ans et moins de 20 ans révolus. Posséder un développement physique suffisant, une bonne instruction et une conduite exemplaire.

A l'issue des deux années d'études, le futur sous-officier entrait au régiment, après avoir signé un engagement de 4 années dans l'armée d'active à la date à laquelle il intègre le corps. Auparavant le temps de scolarité était de 3 ans,et seuls les élèves provenant des écoles préparatoires effectuaient deux ans au lieu des 3. A la fin des cours, les élèves sont versés dans les corps de troupe d'infanterie, d'artillerie ou d'infanterie de Marine comme sous-officiers (pour les meilleurs uniquement), le plus souvent comme Gefreiter ou simple soldats. La cavalerie, les pioniers et les troupes de communication ne reçoivent pas d'élèves sous-officier en provenance de ces écoles. Leur promotion au statut de sous-officier est du strict ressort des corps d'accueil et au fur et à mesure des vacances.

Sous-officiers issus du rang :
Ils peuvent provenir soit d'engagés volontaires (admissible à partir de 17 ans), soit d'hommes de la classe (appelés de 20 ans). Les personnels volontaires pour cette formation sont au printemps de chaque année, désignés par leur commandant d'unité pour recevoir une instruction spéciale. Seuls les meilleurs seront retenus, en effet chaque unité recrute ses cadres dans sa propre ressource.

L'instruction spéciale comprend 2 parties :
a) l'instruction générale dispensé par un officier de l'unité
b) l'instruction militaire pratique dispensée par les cadres de la compagnie. Elle comprend notamment ; Ecole du soldat et du peloton, maniement d'arme,tir, instruction du tir, conduite du feu, matériel, nettoyage et entretien de l'arme, appréciation des distances (jusqu'à 1000 mètres), service en campagne, prescriptions pour les marches, cantonnements, service du chef de patrouille, service intérieur de la compagnie, entretien et nettoyage des effets, gymnastique......

De la qualité de l'instruction dispensée au sein de son unité, dépendra bien souvent la valeur des sous-officiers qu'aura le commandant d'unité sous ses ordres.

Notre élève sous-officier le plus souvent simple soldat (s'il n'a pas été directement nommé sous-officier ou Gefreiter en sortie d'école) accède généralement au grade de Gefreiter au bout d'une année de service. Il se voit alors allouer la solde de Kapitulant (rengagé) qui est supérieure à celle de Gefreiter. Les élèves sous-officiers provenant des écoles préparatoires touchent la solde de Kapitulant dès leur arrivée en régiment.
Au début des années 1900 la majeure partie des sous-officiers est issue du rang (75%). Les 25 % restants sont issu des écoles.

Avancement :
Un sous-officier ne pouvait prétendre en temps de paix à accéder au statut d'officier (même quand il passait dans la réserve ou la Landwehr). En cas de guerre, seule une action d'éclat pouvait dispenser de passer l'examen d'enseigne (Fahnrich), il était également stipulé dans les textes  « qu'une action brillante devant l'ennemi » pouvait aussi dispenser de l'examen d'officier. Toutefois seuls les sergent-majors et les enseignes pouvaient directement être promu pour un grade d'officier. Les autres seront proposés au grade d'enseigne, et seul le chef de corps peut décider si cette nomination devra entraîner ultérieurement une autre proposition pour un grade d'officier.
Néanmoins, il arrivait en temps de guerre être nommé qu'un sous-officier puisse être nommé « Felldwebelleutnant ». Ce titre n'était accordé qu'aux anciens sous-officiers ayant satisfait aux obligations légales du service (active, réserve puis Landwehr) et donc âgé de 39 ans, qui s' était engagé à rester en service en cas de conflit. Il prenait ce grade dans la Landwehr et lui donnait le rang et la solde d'un officier, mais le plaçait après le simple sous-lieutenant. Il portait l'uniforme de Wachmeister ou de Feldwebel mais avec les pattes d'épaules d'un lieutenant et le sabre d'officier.

Les promotions ont lieu à l'ancienneté, seule celle des sergent-majors a lieu au choix.
Le nombre de sous-officiers est en 1902 de 820000 hommes alors qu'en 1913 il est de 110000 hommes.


Situation et avantages du statut :


Nous avons vu que pour accéder au grade de sous-officiers nos jeunes aspirants était obligé de s'engager au dessus de la durée légale du service militaire. Ce rengagement leur donnait accès à une prime de 125 Frs. Lorsqu'ils quittait l'armée après une durée de 12 ans minimum, ils recevaient en plus une prime de 1250 Frs.
Voici quelques autres avantages que leurs confèrent leur situation et statut :

1- La solde d'un sous-officier ne comporte ni échelons, ni indice. Elle est identique pour tous les sous-officiers du même grade quelle que soit son ancienneté.
2- Leur tenue est taillée dans le même drap que la troupe, mais renouvelée plus régulièrement.
3- Logement : les sous-officiers sont logés à deux par chambre, seul le sergent-major est seul. Les sous-officiers mariés occupent en général un pavillon isolé ou de petits logements convenable dans la caserne. Ceux qui pour des raisons de manque de place sont logés à l'extérieur, touche à titre de compensation une prime de logement.
4 - Le couchage des sous-officiers est différent de celui des hommes de troupes car ils on en plus de la paillasse droit à un matelas. Leur traversin est également rembourré en crin au lieu de paille.
5 - Les sous-officiers « portepée » n'ont pas besoin d'autorisation pour sortir après l'appel du soir. Les autres jouissent d'une autorisation permanente d'une heure après l'appel.
6 -Les sous-officiers ont droit à un homme de corvée pour nettoyer leurs effets, panser leurs chevaux et entretenir leur harnachement.
7 - Mariage : le règlement stipule que les chefs de corps ne doivent pas perdre de vue, pour accorder une autorisation de mariage à un sous-officier, qu'il est désirable que ce dernier ne se marie que s'il a le grade de Sergent. La « belle » devrait également avoir une position sociale en rapport avec la situation du sous-officier.
En tout état de cause, aucun accord de principe ne sera donné par le chef de corps tant qu'une somme de 375 Frs ne sera pas versée à titre de provision dans les caisses du corps en cas de maladie, d'accident.....
8 - Les frais de scolarité des enfants de sous-officier, comme ceux des hommes de troupe d'ailleurs, leurs sont payés intégralement depuis l'age de 5 ans à 14 ans révolus. Les médicaments nécessaires à leur famille sont également distribués gratuitement.
9 - Tout sous-officier peut rester en service dans un corps de troupe aussi longtemps que son état de santé le lui permet. S'il quitte l'armée après 12 ans, il a droit en principe à un emploi civil ou dans l'administration militaire, et à la prime de 1250 frs. S'il reste en service plus de 18 ans, il a droit à une pension de retraite minorée. Si il reste dans son corps jusqu'au bout il atteindra la pension de retraite de 630 Frs mensuel qui lui sera acquise au bout de 36 ans de service.

Effectif d'une unité élémentaire :


On retrouve approximativement le même encadrement dans chaque unité élémentaire de l'armée allemande, à savoir pour une compagnie, un escadron ou une batterie montée :
1 Feldwebel (Sergent-major)
1 Vize-Feldwebel (Vice Sergent-major)
1 Fahnrich
4 ou 5 Sergents
8 ou 9 Sous-officiers (9 pour un escadron, 10 à 12 dans l'artillerie)
12 à 14 Gefreiters (y compris les rengagés) – 18 ou 19 dans la cavalerie – 12 dans l'artillerie montée.

Rôle de chacun :
Le Feldwebel (ou wachmeister dans la cavalerie)  : Le Feldwebel est l'homme de confiance du commandant d'unité. Il est chargé de surveiller constamment les Sous-officier et hommes de troupes que ce soit à l'occasion du service ou en dehors. Il organise le service et communique chaque jour à l'occasion de rassemblement, les ordres donnés par le commandant d'unité. Dans les armes montées, il est aussi chargé de diriger le service des écuries et les casernements.

Le vize-Feldwebel (ou vizewachtmeister dans la cavalerie) : Il est chargé de remplacer le Feldwebel en cas d'absence. Il est surtout chargé de l'instruction et peut suppléer un officier dans la conduite des séances de tir.

Des emplois subalternes dévolus aux sous-officier sont confiées aux hommes par le commandant d'unité en fonction de leur aptitude à exercer ces emplois. On y trouve les emplois suivants :

Garde magasin (Kammerunteroffizier ou quartiermeister) : Il est chargé de tout ce qui concerne l'habillement et l'équipement. Il reçoit les effets , les entretient et surveille les ouvriers de l'unité. Il a en route, la surveillance du chargement des voitures régimentaires.
Comme les armes montées ne possèdent ni fourrier, ni sous-officier tir, le garde magasin est en outre chargé de toutes les perceptions de vivres et de fourrage. Dans la cavalerie il est responsable de la surveillance des armes et munitions. Le garde magasin touche en plus de sa solde une indemnité spéciale de 3,75 Frs mensuel pour l'infanterie (5,60 Frs dans la cavalerie et 4 Frs dans l'artillerie).

Le fourrier (Fourierunteroffizier) : Il est chargé de tout  ce qui concerne le casernement et les vivres. Il reçoit et distribue aux hommes le pain, le chauffage, l'éclairage et la literie. A l'occasion des marches, il est en principe chargé du logement. En manœuvre et en campagne, il reçoit et distribue les vivres, le fourrage, la paille et le bois de chauffage. Il touche en plus de sa solde une prime de 3,75 Frs mensuel.

Le sous-officier chargé des fourrages (Futtermeister) :
Il est responsable de leur perception et de leur conservation. Il en fait la distribution et surveille les repas des chevaux. Il touche en plus de sa solde une prime de 3,75 Frs mensuel.

Le sous-officier tir (Schiessunteroffizier) : Tient les contrôles de tir, il est chargé de la surveillance de tout le matériel de tir, des armes et des munitions. Il touche en plus de sa solde une prime de 3,75 Frs mensuel.

Les sous-officiers chefs d'escouade : Pour le service intérieur, la compagnie est divisée généralement en 6 escouades, groupées en deux ou trois inspections commandées chacune par un officier. Les sous-officiers chef d'escouade sont chargé de la surveillance dans le service et en dehors, des hommes (15 à 20) qui font partie de leur subdivision. Ils sont responsables de la tenue, de l'entretien des effets, des soins de propreté. Dans les arme montées ils ont également la surveillance des chevaux, et dans les batteries, celle du matériel.

Les Rekrutenunteroffiziers : Ces sous-officiers (chefs d'escouades) sont chargés de l'instruction des jeunes recrues. Ils agissent sous l'autorité d'un officier (souvent le plus jeune après qu'il ait acquis l'expérience nécessaire) avec l'aide des Gefreiters les plus doués pour dispenser de l'instruction. Ils sont désignés avec le plus grand soin par leur commandant d'unité et sont instruits (en même temps que quelques soldats anciens possédant de bonne aptitude) sur la période comprise entre le départ de la classe et l'arrivée des recrues.

Le Fahnrich n'est pas à proprement parlé un sous-officier, il ne compte dans leur rang que jusqu'au jour où il accède à l'épaulette.

Au dessus du grade de sous-officier, venait le sergent, qui ne parvenait à son grade qu'à partir de 5 ans et demi de service. La hiérarchie des sous-officier se poursuivait par les grades de « vicefeldwebel » (vicewachtmeister dans la cavalerie) et de « Feldwebel » (Wachtmeister). Enfin venait  le « Fahnrich » (enseigne) qui n'était pas un sous-officier de carrière, mais un aspirant au grade d'officier.

Correspondance des grades d'après le livre « recueil de documents militaires allemands de la grande guerre 14 18 » par l'officier interprète Grifon – (ESM St Cyr - 1920):

Officiers généraux


General Feldmarschall : Maréchal de France
General Oberst : Général commandant d'armée
Général : Général de corps d'armée
Généralleutnant : Général de division
Généralmajor : Général de brigade
Officiers supérieurs :

Oberst : Colonel
Oberst major : Lieutenant-colonel
Major : Chef de bataillon

Officiers subalternes :

Hauptmann ou Rittmeister : Capitaine
Oberleutnant : Lieutenant
Leutnant : Lieutenant

Sous-Officier (mit portepee)


Stabsfeldwebel : Adjudant-chef de plus de 12 ans de service
Hauptfeldwebel : Adjudant-chef
Oberfahnrich Feldwebel Oder : Aspirant de 1ère classe
Wachmeister : Adjudant
Fahnrich : Aspirant de 2ème classe

Sous-officier (ohne portepee)


Unterfeldwebel ou Unterwachmeister : Sergent-chef
Unteroffizier : Sergent

Hommes de troupes :

Unteroffizier-Anwarter : Elève sous-officier
Stabsgefreiter : caporal de plus de 12 ans de service
Obergefreiter : caporal-chef
Gefreiter : caporal ou brigadier
Oberschutze : soldat de 1ère classe
Schutze : soldat de 2ème classe

nous continuerons plus tard avec les musiciens et les gendarmes qui possèdent un statut particulier..... à suivre



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MessageSujet: e   Lun 12 Juin - 2:27

Je termine ce post sur les sous-officiers dans l'armée allemande par deux cas particuliers que sont les musiciens et les gendarmes.
N'hésitez pas à intervenir ou a mettre des photos pour agrémenter ce petit article, toutes les interventions sont les bienvenues.
Cordialement
Scipion



Les chefs de musique, Musiciens et les musiques militaires....

Les musiques militaires comprennent en Allemagne : Les musiques des régiments d'infanterie, les fanfares des régiments de cavalerie et d'artillerie et celles des bataillons formant corps :
En règle générale un régiment d'infanterie comporte 42 musiciens :
1 chef de musique du rang de Sergent-major
9 Musiciens titulaires du rang de Sergent ou S/Officiers
32 Musiciens auxiliaires du rang de S/Officiers ou soldats
Certains régiments de la Garde comportent plus de musiciens titulaires.

Le recrutement des musiciens se fait au moyen d'engagement volontaire de 2,3 ou 4 ans. On n'accepte généralement que des musiciens confirmés qui puissent rapidement être employés en tant qu'auxiliaire après un certain temps d'instruction dans la troupe.
Dans le cas où il n'existe pas de vacances dans les cadres, des nominations peuvent être faites en plus des effectifs budgétaires ; les chefs de fanfare peuvent ainsi être nommés ViceFeldwebel après 9 ans de service. Ils ne toucheront pas la solde de ce grade, cette promotion n'étant qu'honorifique.

L'insigne des musiciens consiste dans le nid d'hirondelles rouge, rayé de galons or ou argent (suivant la couleur des boutons de la tunique) couvrant le haut de la manche.

Un certain nombre de musiciens (10 pour la Prusse) sont choisis parmi les plus doués sont envoyés chaque année à l'académie militaire de Berlin pour y recevoir, pendant 3 ans, sous la direction de l'inspection de la musique, une instruction spéciale afin de pouvoir arriver à l'emploi de chef de musique.
Ils touchent un supplément de solde de 225 Francs annuel.
Ces musiciens doivent avoir au moins 3 ans de service, être célibataires et âgés de 25 à 27 ans. Ils doivent aussi s'engager à servir 2 ans dans l'armée d'active pour chaque année passée à l'académie.

Les chefs de musique (Stabshoboisten ou Stabstrompeter) ont le rang de Sergent-major mais ne touche que la solde correspondant au grade de Vizefeldwebel.
Après 15 ans de service, leurs soldes (616,50 Frs dans l'infanterie et les bataillons de Chasseurs, 639  Frs dans les autres corps) est augmentée d'une indemnité spéciale de 225 Frs, et croit progressivement pour atteindre 825 Frs à 29 ans de service et un maximum de 1125 Frs à 35 ans.

Leur uniforme est de meilleur coupe que la troupe et ils portent au lieu du « nid d'hirondelle » des pattes d'épaules rigides en tresse de laine, de la couleur distinctive du corps, et une ceinture bordée de galons d'or ou d'argent suivant toujours, la couleur des boutons.

En dehors du service, il est permis aux musiciens de se mettre en tenue civile lorsqu'ils vont jouer chez des particuliers. Ils peuvent s'éloigner de 15 kilomètres maximum de leurs garnisons sans en demander la permission (ce qui n'est plus le cas au-delà). Les propriétaires de Brasserie, restaurants...demandent très souvent le concours de musique tout entière. Une soirée coûte à Berlin 250 Frs....et ces ressources jointes à celles procurées au musicien qui donne des prestations individuelles ou des cours particuliers assurent aux musiciens militaires un recrutement facile....

A lire un excellent post initié par IR76 de Hambourg sur les différents modèles de nid d'hirondelles :
http://lagrandeguerre.cultureforum.net/t25939-les-hirondelles-de-la-musique-allemande-en-14-18?highlight=hirondelles


je laisse le soin aux connaisseurs d'identifier cette fanfare (nous en avons parlé il y a quelques mois sur le forum).








La Landgendarmerie :

Active dès le temps de paix, la Landgendarmerie de l'empire se compose pour la Prusse de :

69 officiers dont :
13 Brigadier (12 chefs de légion et 1 adjudant)
56 officiers de district

et en chiffre ronds, 5000 hommes de troupes dont environs :
40 gendarmes à pied secrétaires
390 Oberwachtmeister (montés)
1870 gendarme à cheval
et 2700 gendarme à pieds

Le nombre d'officier est relativement faible par rapport à celui des hommes de troupes car ils agissent plutôt comme inspecteurs des gendarmes de leur district plutôt qu'en tant que commandants directs. Ils proviennent tous d'officier de l'armée d'active.


Recrutement :

Les gendarmes se recrutent parmi les sous-officiers de l'armée remplissant les conditions suivantes :
compter 9 ans de service, avoir une conduite irréprochable, être capable de rédiger d'une manière intelligible, connaître les « quatre règles ». Les candidats ont à subir un premier examen devant l'officier de gendarmerie de leur district. Ils reviennent ensuite à leurs corps d'origine, et sont en cas de succès appelés à faire un stage de 6 mois comme aspirant gendarme. Au cours de ce stage, ils sont inspectés plusieurs fois par mois par l'Oberwachmeister, l'officier du district et le brigadier responsable de leur formation. Ils peuvent être renvoyés à leurs corps, soit à leur demande, soit pour incapacité ou mauvaise conduite. Vers la fin du stage, l'officier de district, après s'être renseigné auprès des autorités civiles sur la manière de servir du candidat, lui fait subir un 2ème examen écrit et oral, portant principalement sur le service de la gendarmerie. Les Oberwachmeister sont pris, au choix, parmi les gendarmes.
En 1900, il existe 12 brigades de gendarmerie correspondant à une des provinces prussiennes. Ces brigades sont ensuite divisées en district, divisées à leur tour en escouade. Elles sont commandées par un Oberwachtmeister. Les gendarmes ont les droits et les obligations du soldat (ils sont justiciables des tribunaux militaires) et seuls leurs chefs ont sur eux pouvoir juridique et disciplinaire. Malgré son organisation militaire, la gendarmerie n'est pas subordonnée aux commandants de corps d'armée ou autres officiers généraux de la région de corps d'armée.

Les « simples » gendarmes ont rang de sous-officier, ils doivent le salut aux officiers de l'armée.

Autres états que la Prusse : En Bavière la gendarmerie est comparativement beaucoup plus nombreuse qu'en Prusse : son effectif comprend 19 officiers et 3000 gendarmes.

Les gendarmes Wurtembergeois portent le nom de chasseurs territoriaux (Landjager) de 1ère ou de 2ème classe.

Le corps de gendarmerie Saxon fait exception à la règle générale. Il n'est absolument pas soumis à l'autorité militaire, ses chefs portent le nom d'inspecteurs de gendarmerie et les gendarmes celui de gendarmes en 1er, brigadiers et gendarmes de canton.

Les corps de gendarmerie des petits états ont les mêmes principes d'organisation et de service qu'en Prusse. Seule la gendarmerie d'Alsace Lorraine constitue une brigade spéciale qui peut se recruter parmi les divers contingents.

Nous ne parlerons pas des gendarmes du corps (Leibgendarmen) qui ont pour rôle de faire le service d'ordonnance à cheval auprès de l'empereur et qui proviennent tous d'anciens sous-officiers de cavalerie. Il existe aussi des gendarmes ordonnances d'état-major (Stabsordonnanzen) qui sont attachés aux états-majors (à partir de la brigade) pour le service de planton à cheval.

La gendarmerie de campagne (Feldgendarmerie)

Au moment de la mobilisation, les corps de gendarmerie territoriaux servent à constituer les détachements montés de gendarmerie de campagne, attachés au QG et aux inspections d'étapes. Le Feldgendarmerie Ordnung du 10 juin 1890 prévoit que chaque corps mobilisé doit former :
a) pour le corps d'armée un détachement comprenant :
1 capitaine
1 Wachtmeister
60 Leibgendarmes (20 Obergendarmen, 20 S/Officiers et 20 Gefreiter)

b) pour l'inspection d'étapes dont dépend le corps d'armée :
21 Leibgendarmes (7 Obergendarmen, 7 S/Officiers et 7 Gefreiter).

Le détachement affecté à l'inspection d'étapes comprend en plus un capitaine et un Wachtmeister.

Les effectifs de la gendarmerie territoriale ne pouvant suffire à mobiliser tous les détachements (elle en fournit l'encadrement), les effectifs de Leibgendarmes sont formés à partir d'hommes prélevés sur les régiments de cavalerie du corps d'armée.
L'insigne distinctif des Leibgendarme Prussien est le hausse-col en métal blanc, orné d'un aigle héraldique pour les officiers, de deux aigles plus petits pour les gendarmes, encadrant le numéro d'ordre affecté à l'homme. Ces numéros ne comprennent qu'une série unique pour tout l'état ou la formation. Les hausse-col des gendarmes Saxon ou Wurtembergeois sont différents....

Si les hausse-col vous intéressent suivez le lien (toujours sur le forum) :
http://lagrandeguerre.cultureforum.net/t32944-photo-d-un-besoin-d-aide-merci

Le rôle qui est dévolu au Leibgendarme est celui de prêvot, chargé de faire la police de l'armée. Il agit principalement en arrière des colonnes, sur les routes d'étapes, et partout où les hommes échappent à l'action de leurs supérieurs directs. Ils sont aussi chargés de la surveillance des lignes télégraphiques, téléphoniques et de la recherche du renseignement.
La Feldgendarmerie est présente sur le terrain sous la forme de Trupp Abteilung de taille variable. On en dénombre seulement 33 en début de conflit. En 1918, ils sont passés à 115.
Les grandes unités de Feldgendarmerie ont été exclusivement formées sur le front Est, où le gouvernement général de Varsovie avait sa propre brigade de Feldgendarmerie ainsi que le Oberbefehlshaber-Ost qui avait sa propre inspection de gendarmerie.  Dans la dernière moitié de 1918 où l'indiscipline est devenu un réel problème derrière les lignes de front, les Feldgendarmes seront renforcés par un «  feldgendarmerie-Korps z.b. V » rebaptisé gendarmerie-régiment 9, le 9 novembre 1918.



Feldgendarmes :




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