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 Maréchal Hubert LYAUTEY, le ministre de guerre

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Date d'inscription : 18/02/2008

MessageSujet: Maréchal Hubert LYAUTEY, le ministre de guerre   Dim 8 Juil - 20:51

post de jupiter





La carrière coloniale d'un maréchal de France
Officier de cavalerie dans les colonies françaises (Algérie, Indochine, Madagascar, Maroc...), Lyautey fut élevé, en 1921, à la dignité de maréchal de France.
A partir de 1908, la carrière militaire de celui qu'on surnomma "l'Africain" fut essentiellement liée au nouveau protectorat français sur le Maroc, établi en 1912.

I - Lyautey avant 1908 : un officier de cavalerie dans les colonies françaises

1854 - Le 17 novembre, naissance de Louis Hubert Gonzalve Lyautey, à Nancy, dans une famille de militaires franc-comtois.

1873/1880 - Formation militaire de Lyautey, officier de cavalerie
Bachelier en juillet 1872, le jeune Hubert Lyautey entre à Saint-Cyr en 1873 puis à l'École d'application d'état-major en 1876.




Promu lieutenant en décembre 1877, Lyautey est affecté au 20e régiment de chasseurs à cheval à Rambouillet puis muté sur sa demande à Châteaudun. Versé dans la cavalerie, au 2e régiment de hussards, il rejoint en août 1880 son régiment à Sézanne, lequel embarque deux mois plus tard pour l'Algérie.

1880/1882 - Première affectation coloniale de Lyautey, en Algérie
En poste à Orléansville puis à Alger, Lyautey se passionne pour la civilisation arabe, apprend la langue et se familiarise avec les questions coloniales, l'administration et la politique françaises en Algérie.



À une politique d'assimilation totale à la France, d'administration directe, il préfère la solution de l'autonomie, du protectorat. Selon lui, l'action de la France ne peut s'inscrire que dans le respect des civilisations et des cultures qu'elle rencontre et en association avec les élites locales

1882/1893 - En France, Lyautey affirme sa conception du "rôle social de l'officier"
Après quelques mois passés à Teniet-el-Haad, poste avancé du Sud-algérien, le capitaine Lyautey est affecté au 4e régiment de chasseurs à Bruyères, dans les Vosges.
En octobre 1883, Lyautey devient aide de camp du général L'Hotte, inspecteur général de la cavalerie, qu'il suit dans ses affectations à Commercy puis à Tours.

Le 19 novembre 1887, il prend le commandement du 1er escadron du 4e régiment de chasseurs à cheval de Saint-Germain-en-Laye. À ce poste, il s'emploie à améliorer les conditions de vie de ses hommes, tant sur le plan matériel que culturel, ainsi que leur formation, mettant en pratique ses principes réformistes concernant la mission sociale de l'officier. L'occasion lui est donnée d'exposer ses théories novatrices dans un article au fort retentissement intitulé "Du rôle social de l'officier dans le service militaire universel", publié dans La Revue des Deux Mondes du 15 mars 1891.

En 1893, après son affectation au 12e régiment de hussards à Gray, Lyautey devient chef d'état-major de la 7e division de cavalerie à Meaux.

1894/1897 - Deuxième affectation coloniale de Lyautey, en Indochine
Chef d'état-major du colonel Gallieni, commandant du territoire militaire de la frontière de Chine (territoire de Lang Son), Lyautey prend part aux expéditions du haut Tonkin contre les pirates chinois pillant la région. Aux côtés de Gallieni, attaché à l'idée qu'il faut montrer aux populations la force de l'armée française pour éviter d'avoir ensuite à s'en servir, il met en place les structures nécessaires à la mise en valeur de la région : reconstruction des villages, aménagement des voies de communication, reprise et développement des cultures et du commerce.

Sous-chef puis chef d'état-major du corps d'occupation, il est ensuite directeur du cabinet militaire d'Armand Rousseau, gouverneur général de l'Indochine. Approfondissant ses connaissances sur les questions politiques, administratives et financières de l'Indochine, il poursuit son action sur tout le territoire.

1897/1902 - Troisième affectation coloniale de Lyautey, à Madagascar
En mars 1897, Lyautey retrouve Gallieni, devenu quelques mois auparavant gouverneur général de Madagascar. Celui-ci le charge de la pacification du nord-ouest et de l'ouest de l'île puis de l'organisation du sud. L'occupation des territoires s'accompagne de grands travaux d'aménagement destinés à permettre l'essor économique et commercial du pays.
Promu colonel en 1900, Lyautey rentre en France en 1902 pour prendre le commandement du 14e régiment de hussards à Alençon.




1903/1907 - Quatrième affectation coloniale de Lyautey, en Algérie
En 1903, Lyautey est appelé dans le Sud-Oranais par Charles Jonnart, gouverneur général de l'Algérie. Général de brigade, il prend le commandement de la subdivision d'Aïn Sefra en octobre, puis de la division d'Oran à la fin de l'année 1906.

En 1907, Lyautey est promu général de division.




II - Lyautey à partir de 1908 : le fidèle protecteur du Maroc

1908/1910 - Le général Lyautey développe la présence française au Maroc
En 1908, Lyautey est nommé haut-commissaire du gouvernement pour la zone marocaine occupée de la région d'Oudjda. Il commence par revoir l'aménagement de la zone frontalière algéro-marocaine, foyer d'agitation permanente, en installant de nouveaux postes destinés tant à assurer la sécurité de la région régulièrement menacée par les incursions des tribus hostiles à l'implantation française qu'à ouvrir la voie vers le Maroc. Il établit ainsi une ligne de postes partant au sud de Béchar, rebaptisé Colomb, occupé en octobre 1903, pour aboutir au nord à Berguent, dans l'oasis de Ras el Aïn, en juin 1904. Les mois suivants sont consacrés au renforcement et à l'extension vers l'ouest du dispositif.
Diplomate tout autant que militaire, Lyautey multiplie parallèlement les contacts avec les différents chefs locaux afin de susciter leur adhésion à la politique française.

1910/1912 - Affecté en France, le général Lyautey est élu à l'Académie française
Après la pacification de la région frontalière algéro-marocaine, Lyautey revient en France en 1910 prendre la tête du 10e corps d'armée de Rennes.

En mars 1912, la convention de Fès établit le protectorat français sur le Maroc, le nord du pays demeurant sous influence espagnole.
En octobre 1912, le général Lyautey est élu à l'Académie française.

1913/1915 - Lyautey construit le nouveau protectorat français sur le Maroc
Le 28 avril 1913, Lyautey est nommé commissaire résident général du protectorat français sur le Maroc.

Au Maroc, le protectorat n'est cependant pas unanimement accepté. Les opposants au traité et au sultan qui l'a signé sont nombreux. La situation n'a cessé de se dégrader. Arrivé à Casablanca à la mi-mai, Lyautey se porte sur Fès, assiégée par les forces des chefs berbères. C'est le début d'une campagne difficile. Le pays est totalement désorganisé et, administrativement et économiquement, le protectorat est entièrement à construire.

Au terme de violents combats, la paix est finalement ramenée dans Fès et sa région. Au cours de l'été, un nouveau sultan est nommé. Lyautey s'emploie à rétablir l'autorité religieuse et politique de ce nouveau souverain sur l'ensemble du pays. La pacification du territoire s'accomplit peu à peu.

En mai 1914, Taza, ville clé de l'accès à l'Algérie, est occupée. Les plaines et les villes côtières sont désormais sous contrôle français.



Parallèlement aux opérations militaires, Lyautey entreprend les grands travaux de modernisation économique et sociale préalables à l'essor du pays.

De grandes réformes administratives, judiciaires et économiques sont engagées. Mise en place des cadres administratifs, développement des ports, de l'agriculture, de la recherche et de l'exploitation minières, aménagement des villes, des voies de communication, création de lycées et d'écoles, construction d'hôpitaux, de dispensaires et ouverture de postes sanitaires fixes ou mobiles... la tâche est vaste.

1916/1917 - En France, Lyautey est nommé ministre de la guerre

Pendant la Première Guerre mondiale, Lyautey est brièvement nommé, de décembre 1916 à mars 1917, ministre de la guerre dans le cabinet Briand.



1917/1925 - Lyautey, dit "l'Africain", consolide le protectorat français sur le Maroc
A son retour au Maroc, en dépit de moyens réduits, Lyautey parvient non seulement à maintenir la présence française, mais à accroître son emprise durant tout le conflit. Pendant huit ans encore, travaillant sans relâche, il va faire montre d'une intense activité politique et économique propice à l'expansion du pays.

Couronnement de sa carrière, en 1921, Lyautey est élevé à la dignité de maréchal de France.




Dans le Rif, cependant, la situation est préoccupante. Le soulèvement mené par Abd el-Krim contre les Espagnols se développe, menaçant le Maroc français. Au printemps 1925, Abd el-Krim passe à l'attaque, menaçant les secteurs de Taza et Fès. Lyautey, qui a vu ces dernières années ses forces progressivement réduites, organise immédiatement un barrage défensif en attendant des renforts. Opposé au gouvernement français dans la conduite des opérations et désavoué par celui-ci, Lyautey démissionne et rentre définitivement en France en octobre. Il se retire à Thorey, en Lorraine.

1927/1931 - En France, le maréchal Lyautey organise l'exposition coloniale
De 1927 à 1931, Lyautey remplit une dernière mission, l'organisation de l'exposition coloniale internationale de Vincennes.




1934 - Le 27 juillet, le maréchal Lyautey s'éteint dans son château de Thorey. Selon ses voeux, sa dépouille est enterrée à Rabat, au Maroc.

1961 - La dépouille du maréchal Lyautey est rapatriée en France pour être inhumée à l'Hôtel national des Invalides, à Paris.

DISTINCTIONS

Elu à l'Académie française (1912)

Elevé à la dignité de maréchal de France (1921)

Grand-Croix de la Légion d'honneur

Titulaire de la Médaille militaire, de la Médaille coloniale Tonkin et Maroc, de la Médaille du Maroc agrafes "Casablanca" - "Oudjda" - "Haut-Guir", ainsi que de nombreuses décorations étrangères.

OEUVRES

"Du rôle social de l'officier dans le service militaire universel", publié dans La Revue des Deux Mondes, 1891 (réédition 2003 aux Editions Christian de Bartillat).

Du rôle colonial de l'armée, 1900.

Dans le sud de Madagascar, pénétration militaire, situation politique et économique, 1903.

Lettres du Tonkin et de Madagascar : 1894-1899, 1920,

Paroles d'action : 1900-1926, 1927.

Lettres de jeunesse : 1883-1893, 1931.



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