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 Lieutenant Charles PEGUY

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Messages : 3358
Date d'inscription : 18/02/2008

MessageSujet: Lieutenant Charles PEGUY   Dim 8 Juil - 20:48

post de jupiter





Charles Péguy naît le 7 janvier 1873 à Orléans au sein d'une famille de condition modeste. Son père, menuisier, décède l'année même de sa naissance et l'enfant est alors élevé par sa mère, rempailleuse de chaises.
Bon élève, Charles PEGUY bénéficie d'une bourse d'enseignement qui lui offre la possibilité d'effectuer de brillantes études au delà de l'école communale. Après avoir accompli son service militaire au 131e RI d'Orléans en 1892, il quitte donc le lycée et entre en 1894 à l'École Normale Supérieure ou il a pour maître des professeurs prestigieux comme le médiéviste Joseph Bédier, l'écrivain Romain Rolland ou le philosophe Henri Bergson qui aura d'ailleurs une grande influence sur la maturation intellectuelle du jeune homme.

Licencié ès lettres en 1896, Charles Péguy démissionne de l'institution en 1897 après avoir échoué à l'agrégation de philosophie. Il abandonne alors toute pratique religieuse et s'engage avec conviction dans la cause dreyfusiste après avoir fait la connaissance de Bernard Lazare. En 1897, Péguy collabore à la Revue Blanche et achève en juin sa première oeuvre, Jeanne d'Arc, suivie, l'année suivante, de Marcel, premier dialogue de la cité harmonieuse.

En 1898, Péguy se marie civilement avec Charlotte Baudouin, la sœur de son plus intime ami, récemment décédé. Le couple, qui demeure au 7, rue de l'Estrapade à Paris, aura quatre enfants : Marcel en 1898, Germaine en 1901, Pierre en 1903 et enfin Charles-Pierre en 1915.
Marcel Baudouin l'ayant orienté vers les idées socialistes, Charles Péguy s'engage dans l'action politique aux côtés de Jean Jaurès, Lucien Herr et Charles Andler et collabore activement à la Revue Socialiste. Il investit également dans une librairie, ouverte en compagnie de Georges Bellais, qui devient rapidement un foyer de résistance au socialisme marxiste prônée par Jules Guesde ainsi qu'à l'influence de Jean Jaurès sur la vie de la gauche parlementaire. Mais, l'affaire périclite à la suite de nombreuses difficultés financières, ce qui éloigne de manière définitive Péguy de ses amitiés de gauche.

Au mois de janvier 1900, Charles Péguy fonde les Cahiers de la Quinzaine, une maison d'édition indépendante qui publie chaque mois sa propre revue littéraire. Installée au 8 rue de la Sorbonne, il en assume personnellement la direction. Celle-ci connaîtra 229 livraisons entre le 5 janvier 1900 et le mois de juillet 1914, permettront à Péguy de publier ses œuvres, ainsi que celles de ses amis tels André Suarès, Anatole France, Georges Sorel ou Julien Benda. Péguy rédige également des textes sur l'actualité, comme la séparation de l'Église et de l'État, la crise de l'enseignement…

En 1905, l'incident de Tanger lui révèle la menace allemande et l'ampleur du "mal universel". Péguy s'élève alors contre le pacifisme et l'internationalisme de la gauche. Au mois d'octobre, il publie ainsi Notre Patrie, un écrit polémiste et patriotique. Dans les années qui suivent, l'écrivain dénonce également le scientisme du "parti intellectuel", autrement dit ses anciens professeurs de l'enseignement supérieur.





L'année 1908 est marquée par son retour à la foi. Il en fait la confidence à son ami Joseph Lotte. De 1912 à 1914, Charles Péguy effectue ainsi plusieurs pèlerinages à Notre-Dame de Chartres. L'écrivain fustige à présent le socialisme officiel, auquel il reproche sa démagogie et son sectarisme anticlérical, après la séparation de l'Église et de l'État. L'écrivain se fait mystique dans des essais philosophiques comme Clio, Dialogue de l'Histoire et de l'Âme païenne, publié entre 1909 et 1912, ou Victor-Marie, comte Hugo, en 1910. Son style personnel et intemporel trouve à s'exprimer dans de vastes poèmes oratoires aux rythmes lancinants : Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, en 1910 ; Le Porche du Mystère de la deuxième Vertu, l'année suivante ; Le Mystère des Saints Innocents et La Tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d'Arc, en 1912 ; La Tapisserie de Notre-Dame, en 1913. Dans ces dernières œuvres, Charles Péguy reprend les thèmes de la confrontation entre la mystique et la politique, la vie intérieure des citoyens qui avaient marqué le début de son œuvre. Enfin, avec Ève en 1913, un vaste poème symphonique de quelque 3.000 quatrains, l'écrivain patriotique célèbre de nouveau les morts "pour la terre charnelle", celle des ancêtres.




Le 2 août 1914, la mobilisation générale contraint Péguy à interrompre sa Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne, un plaidoyer pour la défense de Bergson. Le 4 août, il prend le commandement d'une unité de réservistes à Colommiers et gagne la Lorraine. Après une courte campagne devant Metz, son régiment, le 276é R.I. se replie sur l'Aisne où l'armée française fait retraite. Le 5 septembre 1914 à Villeroy, près de Meaux, lors des premiers combats de la bataille de la Marne, l'unité du lieutenant Péguy entre en contact de l'ennemi qui avance alors sur Paris. Alors qu'il commande le tir, l'officier est tué d'une balle en plein front. Son corps est inhumé parmi ceux de ses compagnons d'armes dans le cimetière national de Chaucoin-Neufmontiers.





Extrait du 11 novembre 2008




« La 55e division de l’armée de Paris, dont mon régiment, le …è faisait partie, se trouvait le 5 septembre au matin à la gauche de l’armée qui venait de recevoir enfin l’ordre général d’offensive « se faire tuer plutôt que reculer ! » En face de nous, sur les collines boisées qui s’étendent de Dammartin à Meaux, les « boches » de von Kluck qui nous suivaient pas à pas dans notre terrible retraite, depuis Roye, étaient à l’affût, invisibles, terrés dans leurs tranchées comme des bêtes sournoises.

« Sous une chaleur torride, le bataillon faisait une courte halte dans le coquet village de Nantouillet. Assis sur une pierre, comme nous blanc de poussière, couvert de sueur, la barbe broussailleuse, les yeux pétillant derrière ses lorgnons, je vois encore notre cher lieutenant, le brave Charles Péguy, l’écrivain, le poète, que tous nous aimions comme un ami, qui en Lorraine comme pendant la retraite, insensible à la fatigue, brave sous la mitraille, allait de l’un à l’autre, encourageant par la parole et l’action, courant de la tête à la queue de notre compagnie (la 19e), mangeant comme nous un jour sur trois, sans une plainte, toujours jeune malgré son âge, sachant le parler qui convenait aux Parisiens que nous étions pour la plupart, relevant d’un mot bref tantôt mordant, tantôt ironique ou gouailleur les courages défaillants, toujours vaillant, prêchant d’exemple ; je revois encore notre cher lieutenant nous disant, à l’heure où beaucoup désespéraient, sa conviction absolue de la victoire finale, tout en relisant avidement une lettre des siens tandis qu’une larme de plaisir mouillait ses yeux.

« Une heure après (il était midi) nous arrivions près du petit village de Villeroy, à gauche de Meaux, où le bataillon devait cantonner. L’accueil que nous y reçûmes ne fut pas celui que nous attendions, les Prussiens qui occupaient la crête du village nous accueillirent par une canonnade terrible qui jeta un moment de désarroi dans nos rangs.

« Abrités derrière un repli de terrain évacué par les Boches, nous attendions, sous les obus mal repérés de l’ennemi, le moment de partir à l’assaut de ses retranchements, assaut déjà tenté vainement par les tabors marocains. L’ordre vint enfin, et, joyeux, nous partîmes en avant, déployés en tirailleurs. Il était 5 heures ; l’artillerie allemande, foudroyée, s’était tue ; mais, en arrivant sur la crête, une terrible grêle de balles nous accueille ; nous bondissons dans les avoines emmêlées, où beaucoup tombent ; la course est pénible. Un bond encore, et nous voilà abrités derrière le talus d’une route, haletants et soufflants. Les balles sifflent à ras de nos têtes ; nous tiraillons à 500 mètres sur les Allemands bien retranchés et presque invisibles dans leurs uniformes couleur terre. La voix jeune et claironnante du lieutenant Péguy commande le feu ; il est derrière nous, debout, brave, courageux sous l’averse de mitraille qui siffle, cadencée par le tap-tap infernal des mitrailleuses prussiennes.

« Cette terrible course dans les avoines nous a mis à bout de souffle, la sueur nous inonde et notre brave lieutenant est logé à notre enseigne. Un court instant de répit, puis sa voix nous claironne : « En avant ! »

« Ah ! cette fois, c’est fini de rire. Escaladant le talus et rasant le sol, courbés en deux, pour offrir moins de prise aux balles, nous courons à l’assaut. La terrible moisson continue, effrayante ; la chanson de mort bourdonne autour de nous. 200 mètres sont ainsi faits ; mais aller plus loin pour l’instant, c’est une folie, un massacre général, nous n’arriverons pas 10 ! Le capitaine Guérin et l’autre lieutenant, M. de la Gornillière, sont tués raides. « Couchez-vous, hurle Péguy, et feu à volonté ! » mais lui-même reste debout, la lorgnette à la main, dirigeant notre tir, héroïque dans l’enfer.

« Nous tirons comme des enragés, noirs de poudre, le fusil nous brûlant les doigts. A chaque instant, ce sont des cris, des plaintes, des râles significatifs ; des amis chers sont tués à mes côtés. Combien sont morts ? On ne compte plus.

« Péguy est toujours debout, malgré nos cris de : « Couchez-vous ! », glorieux ; fou dans sa bravoure. La plupart d’entre nous n’ont plus de sac, perdu lors de la retraite, et le sac, à ce moment, est un précieux abri. Et la voix du lieutenant crie toujours : « Tirez ! Tirez ! Nom de Dieu ! » D’aucuns se plaignent : « Nous n’avons pas de sac, mon lieutenant ; nous allons tous y passer ! — Ça ne fait rien ! crie Péguy dans la tempête qui siffle. Moi non plus, je n’en ai pas, voyez, tirez toujours ! » Et quand, 100 mètres plus loin, je jette derrière moi un rapide coup d’œil alarmé, bondissant comme un forcené, j’aperçois là-bas comme une tache noire au milieu de tant d’autres, étendu sans vie, sur la terre chaude et poussiéreuse, le corps de ce brave, de notre cher lieutenant. »








post de peguy


voici le képi d'active de Péguy qui nous a été remis par son petit fils.
J'ai eu l'honneur de connaitre son fils dans sa dernière année qui nous a remis sa malle d'officier.
Grand moment.
Ces objets sont visibles dans le petit musée François Bracquet à Villeroy







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MessageSujet: e   Mar 7 Nov - 14:32

un site tres interessant concernant le 276 eme ri et les dernieres heures de PEGUY
http://padage.free.fr/peguy_tue_le_5_septembre_1914_152.htm


post de IR76 de Hambourg

J'avais ce témoignage dans mon ordinateur:

Un témoin raconte la mort héroïque de Péguy

J'ai reçu une lettre datée du 12 décembre et qui m "a été écrite par un soldat du ..." régiment d'infanterie.
Ce brave me dit: J'ai eu l'honneur de combattre aux côtés et sous les ordres de Charles Péguy, dont vous avez, glorifié la belle mort au champ d'honneur. Il fut tué le 5 septembre, à Villeroy, à côté de moi, alors que nous montions à l'assaut des positions allemandes.
Voici le document. Il ne pourra plus être détaché de l'œuvre que nous maintiendrons; il en forme le complément et il l'illumine toute:
« La 55 division de l'armée de Paris, dont mon régiment, le ... faisait partie, se trouvait le 5 septembre au matin à la gauche de l'armée qui venait de recevoir enfin l'ordre général d'offensive « se faire tuer plutôt que reculer! » En face de nous, sur les collines boisées qui s'étendent de Dammartin à Meaux, les « boches » de von Kluck qui nous suivaient pas à pas dans notre terrible retraite, depuis Roye, étaient à l'affût, invisibles, terrés dans leurs tranchées comme des bêtes sournoises.
« Sous une chaleur torride, le bataillon faisait une courte halte dans le coquet village de Nantouillet. Assis sur une pierre, comme nous blanc de poussière, couvert de sueur, la barbe broussailleuse, les yeux pétillant derrière ses lorgnons, je vois encore notre cher lieutenant, le brave Charles Péguy, l'écrivain, le poète, que tous nous aimions comme un ami, qui en Lorraine comme pendant la retraite, insensible à la fatigue, brave sous la mitraille, allait de l'un à l'autre, encourageant par la parole et l'action, courant de la tête à la queue de notre compagnie (la 19 ), mangeant comme nous un jour sur trois, sans une plainte, toujours jeune malgré son âge, sachant le parler qui convenait aux Parisiens que nous étions pour la plupart, relevant d'un mot bref tantôt mordant, tantôt ironique ou gouailleur les courages défaillants, toujours vaillant, prêchant d'exemple; je revois encore notre cher lieutenant nous disant, à l'heure où beaucoup désespéraient, sa conviction absolue de la victoire finale, tout en relisant avidement une lettre des siens tandis qu'une larme de plaisir taouillait ses yeux.
«Une heure après (il était midi) nous arrivions près du petit village de Villeroy, à.gauche de Meaux, où le bataillon devait cantonner. L'accueil que nous y reçûmes ne fut pas celui que nous attendions, les Prussiens qui occupaient la crête du village nous accueillirent par une canonnade terrible qui jeta un moment de désarroi dans nos rangs.
« Abrités derrière un repli de terrain évacué par les Boches, nous attendions, sous les obus mal repérés de l'ennemi, le moment de partir à l'assaut de ses retranchements, assaut déjà tenté vainement par les tabors marocains.. L'ordre vint enfin, et, joyeux, nous partîmes en avant, déployés en tirailleurs. Il était 5 heures; l'artillerie allemande, foudroyée, s'était tue; mais, en arrivant sur la crête, une terrible grêle de balles nous accueille; nous bondissons dans les avoines emmêlées, où beaucoup tombent; la course est pénible. Un bond encore, et nous voilà abrités derrière le talus d'une route, haletants et soufflants. Les balles sifflent à ras de nos têtes; nous tiraillons à 500 mètres sur les Allemands bien retranchés et presque invisibles dans leurs uniformes couleur terre. La voix jeune et claironnante du lieutenant Péguy commande le feu; il est derrière nous, debout, brave, courageux sous l'averse de mitraille qui siffle, cadencée par le tap- tap infernal des mitrailleuses prussiennes.
« Cette terrible course dans les avoines nous a mis à bout de souffle, la sueur nous inonde et notre brave lieutenant est logé à notre enseigne. Un court instant de répit, puis sa voix nous claironne: « En avant! »
«Ah! cette fois, c'est fini de rire. Escaladant le talus et rasant le sol, courbés en deux, pour offrir moins de prise aux balles, nous courons à l'assaut. La terrible moisson continue, effrayante; la chanson de mort bourdonne autour de nous. 200 mètres sont ainsi faits; mais aller plus loin pour l'instant, c'est une folie, un massacre général, nous n'arriverons pas 10! Le capitaine Guérin et l'autre lieutenant, M. de la Gornillière, sont tués raides. « Couchez-vous, hurle Péguy, et feu à volonté! » mais lui-même reste debout, la lorgnette à la main, dirigeant notre tir, héroïque dans l'enfer.
« Nous tirons comme des enragés, noirs de poudre, le fusil nous brûlant les doigts. A chaque instant, ce sont des cris, des plaintes, des râles significatifs; des amis chers sont tués à mes côtés. Combien sont morts? On ne compte plus.
Péguy est toujours debout, malgré nos cris de: «Couchez-vous! », glorieux ;fou dans sa bravoure. La plupart d'entre nous n'ont plus de sac, perdu lors de la retraite, et le sac, à ce moment, est un précieux abri. Et la voix du lieutenant crie toujours: «Tirez! Tirez! Nom de Dieu! » D'aucuns se plaignent: « Nous n'avons pas de sac, mon lieutenant; nous allons tous y passer! — Ça ne fait rien! crie Péguy dans la tempête qui siffle. Moi non plus, je n'en ai pas, voyez, tirez toujours! » Et quand, 100 mètres plus loin, je jette derrière moi un rapide coup d'œil alarmé, bon-dissant comme un forcené, j'aperçois là- bas comme une tache noire au milieu de tant d'autres, étendu sans vie, sur la 1;erre chaude et poussiéreuse, le corps de ce brave, de notre cher lieutenant. »
Voilà le procès-verbal de la plus belle des morts. Il nous restera, après la guerre, le devoir d'inviter tous les Français à lire le poète mort pour nous et qui chantait :

Heureux ceux qui sont morts pour une juste guerre,
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés.
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.




L'Écho de Paris


Maurice Barrès de l'Académie française

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